Amendée

Twitter : le nouveau direct

Très intéressants ces tweets de Nadine Morano…

(…)

Regardez…

Deux remarques.

Si l’on prend les tweets de Nadine Morano à l’envers (du plus récent au plus ancien), elle n’a pas tort.

On ne peut que partager son analyse à propos des émissions en direct.

Ce sont effectivement les seuls “juges de paix” valables d’une parole, politique ou pas.

Pas de montage, ni de coupes à la hache ou à la serpette dans les propos des uns ou des autes.

En revanche, là où on ne peut pas suivre madame Morano, c’est lorsqu’elle explique que l’équivalent d’une interview en direct est une interview “relue et corrigée”.

D’abord, elle parle là, en vérité, de la majorité des interviews.

Il faut donc préciser à leurs lecteurs (ce devrait être écrit partout dans un disclaimer) qu’elles ne sont pas seulement “relues et corrigées” mais surtout relues et amendées.

C’est à dire que, souvent, on voit revenir, quelques heures plus tard, dans les rédactions, un texte charcuté voire châtré par des conseillers qui empêchent la ou le politique de sortir de la langue de tek et lissent ses propos les plus iconoclastes ou les plus intéressants.

Rien ne doit dépasser.

Sauf LA petite phrase que rajoutent, si elle n’y est pas, deux normaliens… après l’avoir soumise à un énarque… qui la donne à relire au conseiller spécial du ministre… qui en parle avec le chargé de communication… qui en parle au ministre… qui en débat avec le dir-cab… qui parfois la fait valider à son collègue de Matignon… quand elle ne remonte pas plus haut !

Il faudrait donc, pour que personne n’y perde (ou que chacun y gagne) qu’une interview écrite soit traitée de la même manière qu’une interview audio ou vidéo.

Dans les conditions du direct et publiée intégralement ; juste débarrassée des scories, des redites et des hésitations.

Et on produirait les enregistrements en cas de litige.

Après tout, à la radio ou devant une caméra en direct, un invité est sans filet de sécurité.

Il n’y a aucune raison qu’il ait ce filet à l’écrit, puisqu’il s’agit bien, qu’il devrait s’agir, plutôt, du MÊME exercice.

Rien à voir, donc, contrairement à ce qu’écrit madame Morano, avec les tribunes qu’une ou un politique signe de “sa plume”… alors qu’en vérité, dans 80 % des cas, c’est sa plume qui l’écrit et la/le politique qui la signe !

Quant aux “interviews” réalisées sans enregistrement, ce ne sont pas de vraies interviews (sauf à en soumettre des extraits entre “” pour publication ou citation aux politiques).

Ce sont des échanges d’informations ou d’amabilités, voire des “off the record“, que l’on ne peut invoquer, puisque l’on n’en a pas de traces, sauf si des témoins dignes de foi (…) les valident.

Certes, y a probablement pas mal “d’inexactitudes et de propos déformés”, comme l’écrit Nadine Morano.

Mais il y aussi beaucoup de politiques qui n’assument pas publiquement ce qu’ils ont dit en privé à des journalistes pour que cela soit répété ou écrit… Les rubriques “confidentiels” ou “couloirs” des journaux regorgent de ce genre de confessions ou vacheries, balancées pour nuire à X ou à Y, sur le ton de la fausse confidence.

C’est ici que l’on peut terminer, et “ouvrir” le sujet, en remarquant que Twitter pourrait finir par jouer un rôle intéressant (de plus) dans cet univers de faux semblants.

Une sorte de nouveau direct.

Pas simplement pour corriger des propos que l’on n’assume pas ou plus.

Plutôt que de répondre à des questions et de risquer des relances qui fâchent (si si, ça arrive), les politiques pourraient de plus en plus utiliser leurs comptes Twitter (et leurs pages facebook) pour (tenter de) maîtriser parfaitement leur expression, de manière unilatérale. Plusieurs tweets successifs à leurs abonnés (dont les journalistes) pouvant leur permettre de faire passer leur(s) message(s), sans le moindre filtre, ni la moindre contestation. Libre à eux de répondre – ou pas – à des questions qu’ils jugeraient intéressantes.

Et puis, au moins sur Twitter (ou facebook) s’ils se plantent, à moins d’invoquer un piratage ou l’erreur d’un lampiste, ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes !

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    RÉCLAMATIONS (23)

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    • Donjipez dit :

      En voilà une bonne idée inspirée par Nadine à l’insu de son plein gré. D’autatnt qu’avec le web plus le problème de la place qui amenait à réduire l’entretien dans un format compatible et lisible dans le print. Fini de chipoter : l’enregistrement intégral avec les âneries, hésitations, interventions du conseiller pour corriger chiffres erronés…

      Sinon marrant la façon dont Morano tweete ses provocations/stupidites pour se faire buzzer et éviter d’être oubliée quand l’attention est trop ailleurs…

    • Cbill0 dit :

      Le 2nd tweet à lui tout seul est une mine.

      Comme vous le notez, Mme Morano y considère au même niveau les “tribunes” et les “interviews” qui ont à mon sens deux natures différentes et deux constructions différentes.

      Il y a autre chose d’intéressant dans les termes utilisés par Nadine Morano, et qui est le fait de trahir ou non la “pensée Politique de leurs auteurs”. Remarquez le P majuscule. Existerait-il alors d’une part une pensée Politique aseptisée, et d’autre part une pensée plus personnelle et brute, qui ne sortirait dans les occasions où les politiques (et leurs conseillers) ne contrôlent pas totalement ce qui va ressortir de l’interview ?

      Dès lors, pour qui vote-t’on ? La femme (l’homme) politique ou la personne ? Ou plutôt les deux ?

      C’est là que Twitter pourrait rentrer en scène, apportant cette parole brute, ou non, et vous le décrivez bien.

    • gill68 dit :

      Le gros soucis c’est que les jeunes journalistes que je vois défiler ne comprennent même pas le problème que vous soulevez.

    • Mad-Dog dit :

      Ecrire un article de qualité à partir des tweets de Morano : chapeau !

    • lovely dit :

      Argghh, grosse chaleur estivale: des célibataires sur le marché des coeurs à prendre: Tom Cruise, Johnny Deep, DSK, … à vos tongs les filles ( et les garçons ) c’est parti !

    • Patrice Guyot dit :

      Teck, Guy, on écrit Teck ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Teck

      Je reviendrai sur Morano…

      PG

    • Guy dit :

      Non patrice. On peut écrire tek. Alors arrête de la ramener. De temps en temps et surtout OSEF.

    • Marc dit :

      Bon je ne discute pas de ton article, tu as raison à tous points de vue, mais car il y a un Mais important, rappelles toi de l’affaire du tueur islamique de Toulouse, qui avait été annoncée d’une manière scandaleuse et sans connaitre aucune vérité, que l’assassin ne pouvait être qu’un français blanc : raciste, fascite et nazi… Voilà ce que la presse française de gauche et les médias nous ont fait croire au début. Je trouve cette attitude puante de la gauche journalistique propagandiste qui a instrumentalisé la mort de soldats français et de jeune gosses juifs.
      Comment veux-tu faire confiance en des gens méprisables ?
      Je comprend qu’un journaliste puisse avoir ses opinions politiques, mais il ne doit en aucun cas transformer la vérité, c’est trop grave !
      Donc pour en revenir à ton article, les politiciens auraient intéret à faire connaitre leurs idées politiques par les réseaux sociaux, là au moins il ne devrait pas avoir de censure ! Quoiqu’avec les socialiste, il faut toujours se méfier….

    • Malbrouck dit :

      Ce qui me trouble c’est l’idée de ne pas vouloir trahir sa pensée politique : quel sens donne t elle à la trahison ?
      On peut l’entendre dans des sens différents : sens propre et figuré !
      Avec Morano je me demande si c’est l’idée noble de vouloir affiner une pensée politique authentique ou au contraire de vouloir la dissimuler dans une sorte de double langage suffisamment bien maitrisé pour ne pas “se trahir” !
      Je lui prête bien des qualités en cherchant la petite bête, la trahison dans le propos au sujet de la trahison ! Je suis d’un tel mauvais esprit ;-)

    • Malbrouck dit :

      vouloir éloigner tout quiproquo, tout contre-sens, toute imprécision revient il à chercher à ne pas se trahir ! Un verbe fort mal choisi ou trop bien choisi par son inconscient ! Je n’en sais rien dans le fond !
      Elle est tellement brut de décoffrage ; elle vous dit les choses comme elles lui viennent : son amie tchadienne étant plus noire qu’une arabe justifierait qu’elle ne soit aucunement raciste par exemple ! :-)
      Le parler direct et vrai façon Morano m’amène donc à me questionner sur ce verbe trahir !

    • poisson dit :

      Dans un journal de collégiens, j’ai lu des interviews de personnes assez célèbres, recopiées dans leur intégralité. C’est très agréable à lire.

    • Malbrouck dit :

      “ne tronquent pas” eut été plus prudent que “ne trahissent pas” ! Je dis ça je ne dis rien ;-)
      Un énarque aurait retravaillé son tweet à mon humble avis !

    • Malbrouck dit :

      S’il s’agit de vouloir tricher (masquer) il faut être un sacré bon tricheur pour utiliser ce redoutable tweeter dont la pensée authentique est invitée parfois malgré elle dans les 140 caractères ! On n’a pas fini d’en parler de ce machin là ;-) Passionnant !

    • Grenouille dit :

      Eprouver la robustesse des arguments de morano, éclairés par sa linguistique, ça mérite donc plus de 140 signes ? Pour le coup, elle tient dans un tweet !

    • Nèb d'Or dit :

      Je tweete donc Je suis cuite !

      Bise.

    • Esther dit :

      GB est toujours en train de mettre ses chansons d’amour. Dommage que Sacha ne soit plus là, elle aurait mené son enquête et en trois mouvements et six fiches, elle aurait découvert le pot aux roses. Lovely aurait pu faire ce boulot mais elle est trop superficielle.

      A mon avis, GB est amoureux d’une fille. C’est la crise de la 50taine, classique.

    • Esther dit :

      GB vous devriez quand même arrêter, tout le monde voit ce que vous faite. C’est de l’auto destruction. Même si vous quittez votre femme, la suivante sera pareil passé les premiers mois de passion. Et donc au final, ça ne sert jamais à rien de faire ça.

    • Esther dit :

      Y’a toujours ce moment où il faut savoir arrêter les choses.

      Quand je dis arrêter, c’est arrêter. Le mot arrêter peut se résumer aussi par le mot “stop”.

      Après le mot stop, si on ne s’arrête pas, on augmente les probabilités de l’accident. C’est un choix, certaines personnes provoquent l’accident volontairement. Consciemment ou inconsciemment.

      Mais elle ferait bien de réfléchir sur ce qu’elles créent.

      Réfléchir ne veut pas dire refléter quelque chose mais utiliser le cerveau.

      Le cerveau est un organe puissant, qui peut tout faire. Y compris rien.

    • Esther dit :

      http://www.youtube.com/watch?v=Lfn0QVwZE-A

      Malbrouck explique à GB les dangers de la vie. Toi, tu sais trouver les mots.

    • Lilou dit :

      Au même titre que les gestes, je suis intimement persuadée que l’on ne maîtrise pas totalement les mots. Certains pensent prendre moins de risque en écrivant qu’en parlant. Pourtant, à l’inflation/fellation DITE par Mme Dati correspond bien l’annonce d’une baisse/baise des tarifs ECRITE par un fournisseur d’accès internet. Même en charcutant un texte avec la plus complète chaîne d’experts, il est forcément des subtilités qui passeront à travers les mailles du fillet.

    • Lilou dit :

      risqueS
      Vraiment aucune maîtrise ;)

    • Lilou dit :

      Au même titre que les gestes, je suis intimement persuadée que l’on ne maîtrise pas totalement les mots. Certains pensent prendre moins de risque en écrivant qu’en parlant. Pourtant, à l’inflation/fellation DITE par Mme Dati correspond bien l’annonce d’une baisse/baise des tarifs ECRITE par un fournisseur d’accès internet. Même en charcutant un texte avec la plus complète chaîne d’experts, il est forcément des subtilités qui passeront à travers les mailles du fillet.

    • Lilou dit :

      Oups: risqueS

      Vraiment aucune maîtrise ;)

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