TOC

La jeune femme du parking

Il était un peu plus de 21h…

(…)

Sortant de la radio, je vais récupérer ma voiture au parking.

Je paie toujours directement à la sortie.

Je glisse le ticket. Puis ma carte bleue.

Malheureusement ça ne fonctionne pas.

Je laisse ma voiture derrière la barrière et j’entre dans la cabine du gardien du parking ; une jeune femme ce soir-là.

Je lui explique que mon ticket ne passe pas.

Elle ne m’écoute absolument pas.

Elle regarde fixement un point, loin ; quelque part entre mon cou et mon épaule droite. Ou derrière.

Elle ne dit rien pendant une poignée de secondes.

Je me demande ce qui va se passer.

Je m’apprête à répéter…

Et puis…

“J’ai un TOC… Je ne supporte pas que les cols des vestes ou des blousons ne soient pas en place, à l’endroit. Vous voulez bien remettre votre col correctement s’il vous plaît ? Je suis désolée. Je n’y peux rien. Il m’arrive d’arrêter des gens dans la rue pour ça…”

Je remets doucement mon col de blouson qui, effectivement, à droite, est à l’intérieur. Je tente de rester naturel, alors que je suis totalement déstabilisé.

“Pas de problème, je comprends très bien…”.

Elle prend alors ma carte en riant…

“Pourquoi riez-vous ?”

“C’est mon petit ami, il m’a envoyé un message marrant”.

Pas su quoi répondre.

J’ai saisi mon code. J’ai récupéré ma carte. Je suis sorti.

J’ai quitté le parking.

“Bonsoir…”

Je me suis demandé pendant tout le trajet si cette scène avait vraiment eu lieu.

Maintenant que je l’ai écrite, j’en suis quasiment sûr.

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    RÉCLAMATIONS (22)

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    • Galahad dit :

      Très bon.

    • Claire dit :

      Si ça se trouve c’était un pari :)

    • Adrian Monk dit :

      Je ne vois rien d’étonnant dans le comportement de cette jeune femme.

    • Malbrouck dit :

      :-) quand je vous dis que tout le monde est devenu complétement cinglé il faut parfois me croire !
      J’ai adoré le très compassionnel “pas de problème, je comprends très bien” !
      Plus sérieusement voilà un métier sans doute angoissant, fait de solitude, surtout pour une femme la nuit dans un parking : cette manière d’attirer l’attention sur elle en évoquant à deux reprises son intimité ( son toc puis son lien relationnel via sms ) !
      Nos sociétés et les conditions de vie fabriquent beaucoup de névroses en tous genres !

    • Nicolas dit :

      Je voulais raconter ici une anecdote qui m’est arrivée récemment avec le personnel dans un parking mais mon commentaire aurait été trop long. J’en ai fait un billet :
      http://www.macomete.com/2012/09/bloque-dans-le-parking.html

    • Marc dit :

      Tout simplement la radio enfin tous les médias rendent fou et je crois que Monsieur Guy prend le même chemin !
      à force de raconter des histoires bizarres sur le net, il devient de plus en plus mystérieux, à moins que ce soit une caméra invisible du belge !

    • lovely dit :

      La vigilance de la gardienne maternante du parking nous apprend que Guy porte des blousons à col. On poursuit la nostalgie vestimentaire après Henri Guaino et sa cravate mal mise.

    • Gorfou breizhou dit :

      J’ ai bien aimé lire ce billet.
      Merci.

    • Guy dit :

      Marc, c’est vous qui avez un petit pépin…

    • poisson dit :

      Enfant, ma grand-mère s’était emparé d’un gant pour me nettoyer une saleté en forme de tâche sur ma guibole de gambadeuse campagne & bricolage. Comme ça commençait à frotter énergiquement et que j’avais une tâche de naissance sur l’épaule, je lui ai dit “arrête ça s’en va pas c’est une tâche de naissance je crois bien”. Elle a rigolé et est venu à bout du gras terreux à l’herbe écrasée, et c’était tout rouge. Heureusement sinon j’aurai pu croire que les petites manigances étaient une possibilité.
      Je crois que la dame du parking s’est coincé dans des manigances à la noix et que là c’est l’apothéose, réussir à faire remettre le col de GB…
      Ça va pas la guérir, car c’est au contraire l’accomplissement complet de sa maladie. Ne pas entrer dans son jeu, quitte à provoquer une crise (quoique sans collègue ni témoin se le permettrait-elle?), lui rendrait plus service, car la penser à la merci d’un abruti qui ne se plie pas à sa demande (droit qu’on peut lui reconnaitre à l’abruti) et avec qui ça finirait mal en gros conflit pourri et violent. Si on avait du temps à perdre, il faudrait résister un peu à sa demande pour lui faire comprendre qu’elle n’a rien à exiger des autres sur ce plan, ne pas capituler tout de suite. Mais elle n’a pas à exiger non plus qu’on soit son thérapeute bien sûr, c’est juste une réflexion pour soi, comment agir en face de telle personne?

      Mais qu’est-ce qu’elle fiche dans ce parking, avec son TOC?
      J’aime beaucoup le mot TOC, tellement bien trouvé pour désigner des toc-toc.

    • souris dit :

      Eh bien moi, cette anecdote surréaliste m’ éclate le rire, c’ est ainsi que j’aime la vie , encore plus, quand elle se montre incongrue et stupéfiante.

    • As dit :

      Nous sommes tous plus ou moins névrosés, toc-toc, barrés.

      La nuance vient toujours du dégré d’irrationnel du trouble, de son caractère intrusif et/ou aliénant et de son potentiel de dangerosité.

      Au royaume des fous, les lucides sont rois.
      A défaut d’être gentiment folle, je la trouve déjà bien clairvoyante sur son trouble.

      Un lieu un peu perdu, une heure où les ombres sont maitresses et un dialogue décalé voir surréaliste entre un homme fatigué de sa journée et d’une femme qu’on oublie parfois de voir à cause du temps qui court et de vies débordées.
      Cela constitue un bon départ pour un polar.

    • NK dit :

      Il m’arrive [même] d’arrêter des gens dans la rue pour ça…“, précise l’employée du parking, dans le billet…

      Foldinguerie mise à part, il pourrait donc s’agir également d’un simple souci de l’autre, tout à son honneur, qui renverrait par exemple à ces fameux “Excusez-moi, mais…” (… mais votre lacet est défait / mais vous marchez sur votre short / mais vous avez une chiure immonde de pigeon sur l’épaule / etc.” … Les Nuls avaient d’ailleurs surenchéri, jadis, sur Canal +, avec l’impérissable : “… mais vous avez une pomme de terre sur la joue” … Et depuis, j’ai même entendu dire à quelqu’un, en vrai : “Excuse-moi, mais t’as un coucher de soleil sur tes chaussures“… en l’occurrence, une paire de Nike aux couleurs bariolées et plutôt ridicules pour l’occasion)

      … Quoi qu’il en soit, pour en revenir au parking et à cette scène très onirique, il m’est difficile de ne pas repenser au merveilleux film de Scorseese, “After Hours”… Grande comédie paranoïaque à laquelle GB s’est déjà référé dans un tout autre contexte, et où le “héros” se trouve successivement aux prises avec différents spécimens – nocturnes – de cinglÉES ! … Alors bien sûr, pas question ici de partir dans un laïus sur les clichés qui tournent depuis l’éternité autour d’un pseudo “Mystère Sacré Féminin” [relire Tata Simone, qui en a très bien causé dans le “Deuxième sexe”]… et encore moins de raconter ici tout le film ! … Simplement, en guise de clin d’oeil (;-)), à l’intention de ceux qui l’ont vu, évoquer une possible filiation de cette folle de la guérite, dont parle le billet du jour, avec la “Miss Pain de sucre” finale…( = oui, la majorette cyclothymique qui empêche Paul de noter un numéro de téléphone super important ;-))

      En même temps, et pour conclure en nota bene ce commentaire torché super vite, je connaissais un type qui faisait le même boulot dans les parkings (premier cercle de l’Enfer, rappelons-le…), et vu son “dossier psychiatrique” et tout ce qu’il “prenait avant d’y aller”, plus rien ne m’étonne…

    • NK dit :

      PS : j’ai évité d’allonger trop la liste d’exemples, mais on m’a rapporté cette expression sublime, entendue je crois au Sénégal, adressée par un local à une touriste un peu enveloppée : “Excuse-moi, madame, mais il y a tes fesses qui mangent ta robe”… (c’est très visuel)

    • Oblivion dit :

      Je n’ai pas bien compris ce qu’il y avait de spécial dans cette histoire.
      C’est la première fois que vous croisez quelqu’un qui présente un trouble psychique ?
      Ou c’est le fait d’en arriver à un sentiment d’irréalité (« je me suis demandé pendant tout le trajet si cette scène avait vraiment eu lieu ») qui vous déstabilise ?
      A pas compris.

    • Guy dit :

      Bah ça ne s’explique pas davantage et visiblement d’autres ont compris ;-)

    • Oblivion dit :

      Oui, enfin, si une météorite me tombe dessus ce soir, je mourrais morte… euuh non… je mourrais idiote.
      Dites-moi ce que ce texte signifie. Parce que là, tout le monde fait ses commentaires de manière entendu, ouaih, tip-top, j’ai tout compris mais moi je comprends rien.
      D’ailleurs, j’ai l’impression que vous êtes tous à vous foutre de ma tronche, non ?
      Ça m’étonne pas… Enfin, j’me comprends.

    • poisson dit :

      Ah ah ya Oblivion qu’a rien compris.

    • poisson dit :

      Bon je dirai que “déstabilisant”, t’as bon.
      De vivre une histoire que l’on a failli imaginer.
      Une onde de toc a traversé nos médias chéris après la mort de Delarue, et là vlan. Elle sort de la télé.
      Quand la réalité est proche de l’hallucination, on a tendance à l’écrire pour que le souvenir soit authentifié comme étant tel quel à l’état brut, bien qu’il ressemble à un truc affabulé.

      Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi le parking est payant. Payer le parking sur son lieu de travail, c’est le truc le moins plausible du monde.

    • Oblivion dit :

      Merci Poisson. T’es gentille, toi ! :-)

    • Guy dit :

      Le parking est public.

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