Médias

Distribuons l’aide à la presse directement aux journalistes !

Mon ami Jacques Rosselin (ingénieur média, journaliste) publie aujourd’hui un texte dans l’épicerie…

(…)

Et si les milliards d’aide à la presse française étaient directement distribués aux journalistes ? L’idée peut sembler incongrue et pourtant, elle s’impose presque naturellement si l’on réfléchit à l’avenir de l’information dans une démocratie.

Premier constat, l’information écrite de qualité, qu’elle soit politique, économique ou « générale » comme on dit, n’a plus de modèle économique dans ce qu’on appelle la sphère marchande. La production d’une information de qualité coûte cher et, depuis l’invention de la publicité dans les journaux, ses consommateurs ne l’ont jamais payée à son prix et ne sont donc pas prêts de le faire. Les revenus liés à  la diffusion de ces informations vont certes augmenter avec le nombre croissant de lecteurs qui utilisent les supports numériques, mais ils ne compensent pas l’effondrement des revenus publicitaires. Pour les dirigeants de médias, la seule solution semble être invariablement de baisser les coûts production, donc de licencier encore des journalistes et de tomber un peu plus dans une spirale de baisse de qualité.

Deuxième observation, dans les médias écrits, les rédactions n’existent plus, du moins au sens collectif du terme. Elles ont été remplacées par des agrégats d’individualités qui produisent de l’information indépendamment, la direction de la rédaction jouant désormais les arbitres ou les chefs de gare. Le fantasme d’un pack de journalistes soudés derrière leur rédacteur en chef charismatique (pouvez-vous en nommer un aujourd’hui ?), tremblant à l’approche de la « conf de rédac », s’il persiste encore chez quelques nostalgiques, s’est fracassé sur le Net. Les journalistes ont ouvert des blogs, ont commencé à guetter quotidiennement leur scores sur Google Analytics, ont découvert qu’ils pouvaient devenir des marques, être lus pour eux même par un nombre de paires d’yeux bien plus considérables que sur le papier… bref ils ont compris qu’ils pouvaient devenir eux-mêmes le média, en lieu et place de celui qui les fait vivre.

Troisième évolution, le Net a fortement modifié leurs méthodes de travail. Il a ouvert des brèches dans le sanctuaire de la salle de rédaction. Certains ont commencé timidement à s’y faufiler pour travailler avec l’extérieur : spécialistes, blogueurs, confrères (des concurrents !) et lecteurs (rendez-vous compte !) sont désormais en contact avec les journalistes sur les réseaux sociaux, nourrissent leur réflexion et enrichissent leur travail. A cette ouverture des rédactions (« open newsroom » en anglais) répond en miroir celles des institutions et entreprises, sommées de mettre à disposition du public un nombre croissant de données. Et pour traiter cet « open data », le journaliste averti doit, là encore, s’appuyer sur des compétences extérieures : graphistes, statisticiens ou développeurs.

Ainsi, la rédaction d’un journal devient une espèce de co-working space comme on dit dans le tout-Paris numérique, un espace commun de travail où l’on peut éventuellement accéder à une machine (on apporte d’ailleurs souvent la sienne), voire une machine à café (on peut aussi apporter la sienne), et côtoyer des gens qui font le même métier que soi (comme à dîner chez soi). Mais l’essentiel des échanges, de la production et de la co-production, de la diffusion et de l’échange avec les lecteurs a déménagé sur le Net. La vie sociale et le travail d’équipe sont partis « dans le nuage »…

Un revenu minimum pour les journalistes

Mais alors, si les journalistes peuvent travailler n’importe où, deviennent des médias avec leur propre marque, s’il peuvent se réunir en groupes de travail, en rédactions éphémères au gré de l’actualité, à quoi servent leurs médias traditionnels sinon à les héberger et les rémunérer ? A cette question succède une seconde, plus angoissante encore : si les journalistes deviennent médias, n’est-ce pas à eux qu’il faudrait verser les milliards de l’aide à la presse ? Une manne controversée notamment parce que, convenons-en, les cinq milliards versés depuis 3 ans aux entreprises de presse françaises n’ont pas donné de résultats époustouflants, tant du point de vue des lecteurs qui désertent, que des journalistes qui continuent d’être licenciés plan social après plan social.

Faisons donc un rapide calcul : restons-en au chiffre de 1,2 milliard annuels pour les aides à la presse dont l’attribution par l’Etat, rappelons le au passage, dépend de l’attribution d’un numéro de commission paritaire. Si la totalité de cette somme était utilisée à l’octroi d’un revenu minimum (oui, j’ai bien écrit d’une revenu minimum) pour chaque journaliste d’information, le nombre de bénéficiaires s’établirait à 20 000 sur la base d’un revenu chargé, par exemple, de 60 000 euros par an, soit environ 3.300 euros bruts par mois en moyenne.

Utopique ? Communiste ? Etatiste ? Il faut bien sûr réfléchir aux modalités d’attribution de ce revenu minimum (comme on l’a fait pour les agriculteurs pour sauver nos produits et nos paysages). Il faut aussi donner un peu d’air à cette profession, souvent considérée comme corporatiste, en l’ouvrant à de nouveaux producteurs d’information de qualité comme par exemple les blogueurs, les traducteurs ou même des développeurs, bref tous ceux qui participent directement à la production d’information générale. Pour tous, le versement d’un revenu minimum serait une révolution : il les rendrait soudain indépendants de leur support de diffusion. Ils pourraient, en toute liberté, travailler des mois sur une enquête et la proposer aux éditeurs qu’elle intéresse, moyennant un supplément de revenus. L’assurance de ce revenu minimum permettrait aux journalistes, détachés de leur média, de former des groupes de travail, par affinité et compétences, au gré de leurs enquêtes puis de les proposer à l’éditeur de leur choix.

Cette solution peut sembler radicale. Mais elle prend acte de l’impasse dangereuse dans laquelle se trouve l’information générale aujourd’hui. Elle est déjà aujourd’hui victime de la faillite des vieux supports, en grande difficulté économique, et du misérabilisme ou de l’amateurisme de l’immense majorité des nouveaux, tant sur le plan économique qu’éditorial.

Les citoyens d’une démocratie ont besoin d’information, donc de journalistes. De combien ? Il serait intéressant de définir le seuil critique de journalistes par habitant, comme on le fait pour les médecins. Mais quel que soit leur nombre, c’est parce que la publicité, les abonnements numériques ou le prix de vente du papier ne peut plus les payer aujourd’hui, et que ces difficultés les rendent dépendants d’acteurs économiques dont les objectifs n’ont rien à avoir avec la défense de la démocratie, que la collectivité doit se saisir de cette question. Qu’elle y réponde par un revenu minimum ou pas.

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    RÉCLAMATIONS (47)

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    • gowap dit :

      “il les rendrait soudain indépendants de leur support de diffusion. Ils pourraient, en toute liberté, travailler des mois sur une enquête et la proposer aux éditeurs qu’elle intéresse, moyennant un supplément de revenus.”

      Encore faut-il qu’il y ait encore des éditeurs et des supports…Pour autant que j’en sache, les éditions électroniques des journaux/magasines sont loin d’être rentables…

    • Ju dit :

      Bonne idée
      Et surtout ca permettrait de payer… Les frais !
      Pour beaucoup d’indépendants, la plupart aujourd’hui, les déplacements, par exemple, ne sont pas pris en charge par les rédactions pour lesquelles ils pigent… Et quand ça se compte en billets d’avions + bus et trains sur place + visa + se nourrir + hébergement… Il arrive que le salaire gagné avec la/les piges servent juste à payer les frais avancés.
      Cette contribution financière permettrait alors de financer des projets, permettre aux plus précaires de faire du terrain, etx… Ca pourrait être pas mal effectivement.

    • messa dit :

      L’argent pourrait peut être servir à engager des journalistes plus durablement, les jeunes notamment, jeune diplômée bac+6 (fac + école de journalisme) en galère, à enchaîner les stages et les piges, toujours chez ses parents à 25 ans. Une véritable galère !!

    • Kühl dit :

      La démocratie, c’est tout le monde, même les médiocres !
      On arriverait jamais à définir le “bon” journaliste a subventionner… on irait encore plus vite dans le totalitarisme, aujourd’hui c’est déjà suffisant, le manque d’objectivité voulu ou non des journaux principaux.
      Mais vous avez raison, une transformation va s’opérer, avec un rôle en fort développement de l’internet, car il est le principal vecteur de pluralité…une intéressante plateforme à organiser ou non.

    • Rosselin dit :

      Kulh, Internet c’est bien pour la pluralité de l’info. Encore faut-il qu’il fasse vivre ceux qui produisent l’info. C’est de moins en moins le cas. La collectivité peut donner l’argent directement aux artisans, aux producteurs de l’info plutôt que la faire passer par des groupes de presse propriétés d’industriels ou de financiers qui se fichent de l’info. Non ?

    • Merome dit :

      Cet article décrit les bienfaits d’un revenu de base ou dividende universel. Il n’est pas sain, ni même efficace de le réserver aux journalistes, même si ce métier est en prise directe avec la notion même de démocratie.

      J’invite tous ceux qui sont séduits par l’idée de Rosselin de s’intéresser aux concepts qui président à l’instauration d’un revenu de base POUR TOUS.

      Une fois qu’on a dépassé le premier frein : “C’est payer les gens à rien foutre”, il est difficile de se débarrasser de cette idée…

      http://revenudebase.info/

    • Gru dit :

      Bon je me lance.

      “Les citoyens d’une démocratie ont besoin d’information”, c´est bien pour ca qu´il y aura toujours spontanément des journalistes, usine á gaz pour se répartir des subventions ou pas.

      les citoyens ont besoin de pain, c´est bien pour ca qu´il est inutile d´organiser l´ouverture de boulangeries, elles se créent spontanément.

      Avec votre sytème , et á partir de votre constat, beaucoup de gens delivreront quand même spontanément de l´info sans bénéficier du revenu de la déesse subventions, et alors pourquoi en seraient ils exclus?

      Exemple au hasard. l´excellent épicier Birenbaum, s´il n´était pas payé par Europe 1, pourrait gagner sa vie de la manière de son choix et enregistrer ses chroniques, exactement identiques á part la qualité technique, dans son salon, les publier ici. Pas besoin de subventions.

      A mon humble avis.
      Voilá, bye.

    • Rosselin dit :

      Le revenu de base est une idée intéressante, que j’ai empruntée pour l’article. Il est évident que le réserver au journaliste n’en fait pas un revenu universel, ce n’est donc pas le sujet évoqué par Mérome. C’est en tous cas une bonne idée d’aller jeter un coup d’oeil au site qu’il recommande.
      Dans ce cas, il s’agit simplement de trouver un moyen de faire financer l’info générale de qualité par la collectivité, qui en a besoin pour préserver la démocratie. Je pense qu’il est plus efficace de le faire en donnant l’argent directement au journalistes plutôt que de passer par des intermédiaires de moins en moins utiles. Voire parasitaires.

    • Rosselin dit :

      Gru. Pour vivre, les citoyens ont besoin de pain, pas d’information. Pour vivre, une démocratie a besoin d’information. Or les gens, aussi citoyens qu’ils soient, ne sont en grande majorité pas prêts à la payer. L’info de qualité coûte cher. Si le consommateur de pain (au chocolat ?) ne peut pas la payer, la collectivité doit s’en charger si elle veut rester une démocratie. Elle le fait aujourd’hui, mais en donnant des milliards aux médias. Pourquoi pas directement aux producteurs de l’info ?

    • Kühl dit :

      @Rosselin,
      Je ne crois pas en l’état et sa capacité d’être neutre…là est le problème (des subventions et de leur devenir)
      Je suis d’accord avec vous, mais comment faire ses transferts d’argent, sur quels critères ? Que cela soit des pubs (forte augmentation !) ou des subventions (liées aux nombres de consultations du pays ou internationales)je suis pour.. Par contre payer directement est difficile car on peut consulter jusqu’à 30 journaux différents suivant les thèmes et orientations ! Ce qui serait un sérieux “investissement”.
      J’ai remarqué que beaucoup de journaux ou de site donne l’option “Don”…J’ai fait deux fois un don…Je me demande si cet achat “instantanée” fonctionne réellement ou pas.
      Dans l’idéal vous avez raison sur les subvention, on est en plein injustice car même les journaux nationaux vont voir sur le net ! Le net est sauvage ET intense (créateurs, personnes directement près des sources, chercheurs, journalistes d’investigation et/ou autre).
      La seule solution pour le rapport à l’état, c’est le lobbying et donc des représentants de l’internet sans trop se mettre à dos les anciens (qui sont prêt aussi à faire la transition).

    • Rosselin dit :

      Kühl. Il ne s’agit plus de payer des journaux, mais directement les journalistes, producteurs de l’info. L’Etat seul non. Mais la carte de presse est attribuée par une commission paritaire, pas par l’Etat. Il faut bien penser le système d’attribution et ses critères. Il faut réformer la carte de presse et l’ouvrir aux “nouvelles professions” de l’info et à tous ceux qui contribuent aujourd’hui à la produire.

    • Galuel dit :

      Tout ceci nous renvoie évidemment au changement de paradigme monétaire pour aller au delà DES crises monétaires.

      http://www.creationmonetaire.info/2011/09/le-monopole-du-code-monetaire.html

      Ou encore écouter “Monnaie Libre” sur le sujet des codes monétaires symétriques. http://monnaielibre.creationmonetaire.info/monnaie-libre-n26-trm-2-718-monnaie-libre-definition-et-fondement/

    • Gru dit :

      Peut-être, je ne sais pas.
      Mais par exemple, j´apprends aujourd hui dans la presse qu´un astéroide a atteri en Russie, que les lasagnes sont équidées, diverses déclarations de ministres et présidents normaux, plein de trucs que j´ai déjá oublié.
      Eh bien j´ai vraiment du mal á imaginer que personne n´aurait jamais ,au grand jamais, pu savoir tout ceci si les subventions n´existaient pas.
      J´ai même l´impression que ca changerait pas grand chose, á part peut-être la facilité de trouver.

      Je me dis qu´on peut trés bien être “producteur d´info” á temps partiel, voire très partiel, en gagnant sa vie autrement pour la plus grande partie, sans que ca empèche globalement la diffusion de l´info , et ca supprime ce probléme d´usine á gaz subventionnelles.

      Je dis ca sans prétentions, je suis pas journaliste, je peux facilement admettre que j´ai tort :)

    • Kühl dit :

      @Rosselin
      Oui un peu comme pour les artistes! Mais beaucoup de “journalistes” sur le net ne doivent pas avoir de cartes !? Le système classique et celui du net doit être différent non ?
      Tout est à construire….;-)

    • Zgur_ dit :

      Si le revenu de base est réservé aux journalistes, je prédis une envolée des vocations qui en fera passer le nombre bien au delà des 20 000 ;0)

      Parce que, justement, comment décider de qui est journaliste (dans le nouveau système) et comment contrôler ensuite qu’il fait bien le travail pour lequel il est subventionné plutôt que que faire des ménages pour Monsanto ou Total (ah non, là j’déconne)?

      JDCJDR

      Arf !

      Zgur_

    • Rosselin dit :

      Les modalités d’obtention – et de conservation – de la carte de producteur d’info doivent être définies avec beaucoup de soin. Réformées en tous cas. Et, comme pour les médecins ou pharmaciens, un numerus clausus est envisageable.

    • Malbrouck dit :

      Contribution citoyenne au débat et à la réflexion :
      Je trouve assez logique que la révolution technologique de l’information qui a transformé le monde, nous conduise peu à peu à réfléchir une autre grille de lecture du travail et donc du “salariat” ;-) C’est non sans hasard que la question soit posée par le monde du journalisme et j’y vois là l’idéal relais d’information et de prise de conscience ! Ceci dit ça concerne de mon avis tout “le système” économique : distinguer et faire coexister travail et activité tout comme salaire et revenu !
      Depuis de nombreuses années j’ai, comme d’autres, l’utopique intuition qu’il faudra un jour abolir le salariat : “pour résoudre un problème qui nous résiste, il faut en changer les données premières” (pour paraphraser Einstein excusez du peu)
      Alors bien sur avant d’en arriver à l’abolition du salariat (abolition du chômage), comme pour tout problème qui se pose à la société, c’est par bout catégoriel, corporatiste, voire communautaire que les choses peuvent avancer peu ou prou !
      Ici les journalistes, là les intermittents du spectacle (à nouveau dans le viseur de la cour des comptes) etc…
      Je ne suis meme pas sur que l’intuition soit “communiste” tant l’idée du pot commun redistributif et égalitaire s’apparente presque à une approche globale mondialisée (au moins universelle) aux accents libéraux :-)
      Partir d’une intuition à priori farfelue permet toujours de réajuster les choses à l’épreuve du réel !
      Je défends donc l’idée d’un revenu d’existence pour tous permettant à chacun de pouvoir faire activité (tout citoyen étant inscrit par nature, par définition dans l’activité humaine) et d’y associer une part “salariale” en fonction de la branche d’activité et des moyens financiers qu’elle génère (pot commun catégoriel) !
      Je ne vois pas d’autre issue pour libérer les énergies et donc pour produire davantage de richesse (une sorte de cercle vertueux, une sorte de pompe qui ré-oxygène un système auto-asphyxié parce qu’obsolète)

    • Gru dit :

      Je pense pareil que Zgur.
      Y aura une inégalité entre “produteurs d´infos” sans carte et journalistes officiels avec ce système.

    • sovietis dit :

      oui! bonne idée! payons directement les agents propagandistes ! créons une fonction publique de l’information et rétablissons un ministère délégué de l’Information – délégué soit auprès de la 1er M. soit de la M. de L’intérieur….

    • Rosselin dit :

      Gru. Il n’y aura pas de journalistes officiels. Tous les producteurs d’info pourreaient prétendre à la carte de presse qui, je le répète, devrait être réformée dans ce cadre.

    • Gru dit :

      Alors je comprends pas bien.

      Si je prend des photos d´un accident de voiture devant chez moi, si j´interroge le patron du resto viet en bas sur les difficultés de son commerce, ou si je vais poser qques question á mon maire et publie tout ca sur internet , je suis donc producteur d´info et j´ai droit 3 000 euros brut par mois et une carte de presse m´est donnéee fissa fissa?

      Et si je n´y ai pas droit pourquoi un journaliste pro qui irait interviewer un élu, ferait un reportage ce qu´il veut, rapporterait des accidents aurait il droit á une carte de presse et un revenu?

      C´est juste la quantité qui différencie les 2?
      ET si c´est pas la quantité, il aura un organisme qui surveilera les blogs et accordera 3000 euros par mois á tout blogeur donc un billet factuel égalera la qualité de celui d´un journaliste payé par l´état?

      Dur á comprendre pour un néophyte.

    • sovietis dit :

      un numerus clausus est envisageable… oUIIII ! créons la Caste Des Agents Propagandistes ! une fonction publique de l’information en quelque sorte ! qui dépendrait d’un ministère de l’information lui même délégué auprès du Ministre de l’interieur.

    • Malbrouck dit :

      Et je ne suis pas étonné, en lisant les très intéressants commentaires, que nombreux sont condamnés à réagir à partir d’un paradigme (un cadre de référence), une grille de lecture imposée par un système de valeurs et de références dont il s’agira de démontrer l’obsolescence !
      Je critique le meme type de résistance et de déterminisme à l’endroit de mes amis gauchistes (surtout les syndiqués) que je juge coupables en chef d’une alliance diabolique avec les ultralibéraux : il n’y a pas mieux qu’un extrême-gauchiste pour défendre le système ultralibéral du salariat (nos acquis, nos acquis bien sur !)
      Le patronat a pour principaux alliés ses supposés adversaires :-)
      Là est la grande farce !

    • Clafoutis de GMF dit :

      Les choses seraient peut être différentes si les journalistes n’étaient pas tous coulés dans le même moule (à quelques rares exceptions près), récitant le même bréviaire :

      – Maarstrich c’est bien
      – L’immigration est une chance pour la France
      – Le mariage pour tous est une formidable avancée
      Etc..

      Même la PQR se drappe dans la pensée unique. Dès lors, comment s’etonner que les gens qui ne beneficient pas de la mondialisation heureuse cessent d’acheter des journeaux où chaque article est un édito plutôt qu’une information neutre ?

      Un ouvrier célibataire qui gagne 1300 €/mois paie 850€ d’impôt sur le revenu par an, alors qu’un journaliste qui perçoit le même salaire (en province) est non imposable du fait de l’abattement dont il jouit.

    • sebmusset dit :

      Oui des sous pour ceux qui font. Peu importe comment. Ça devient urgent. C’était mon analyse.

    • Allais dit :

      Des journalistes « subventionnés » ne risquent-ils pas d’rn perdre toute crédibilité ? Y compris vis-à-vis d’eux-mêmes ? On ne critique la main qui vous nourrit, et s’il a tout de même un certain pluralisme, c’est qu’il demeure plusieurs propriétaires de journaux. Mais la presse ne fait plus rêver, ou pas longtemps, les entrepreneurs.

    • Jenesauraisvoir dit :

      Bonjour,

      L’idée me parait séduisante : il n’y a aucune raison que la collectivité subventionne le dividende des actionnaires d’empires de presse. Elle le fait malgré tout dans l’intention, me semble-t-il, de soutenir l’emploi des travailleurs de la presse.

      Au passage, des mauvais esprits prétendent que les journaleux (dont une frange assez significative, indistinctement de droite comme de gauche, a coutume de réciter le catéchisme de l’économie libérale) deviennent numériquement plus réceptifs à la raréfaction du travail avec la floraison des plans sociaux dans l’industrie de la presse. Pauvre nature humaine ! On serait tenté d’arrêter de croire qu’il est possible de ‘débusquer le vrai’, par-delà sa propre condition de vie… Mais je m’égare un peu…

      Je disais donc que l’idée me parait intéressante. Mais il faudrait ajouter qu’un tel dispositif devrait être accompagné vers son autosuffisance : ces médias-individuels subventionnés produiront une activité et donc des revenus dont une part complétera le revenu des journalistes ‘rmisés’. Le surplus dégagé par cette activité doit progressivement prendre le relais des subventions, ne serait-ce que parce que la main qui assure la survie des journalistes pourrait être tentée de serrer la bride aux plus remuants…

      En résumé travailler à la mise en place d’un système qui possède la maîtrise de sa survie et qui aurait les moyens de traverser les moments difficile puisque le revenu qu’il produira ne sera pas instantanément distribué en dividendes aux actionnaires.

      Sans cette recherche d’autosuffisance, on peut craindre la reproduction d’un système qui existe déjà ! Vous ne voyez pas ?

      Pour promouvoir notre ‘exception culturelle’ la collectivité a décidé de faire vivoter des milliers d’intermittents du spectacle pour servir de chair à canon à l’industrie du divertissement. Cette dernière peut ainsi produire avec des frais de personnel parfaitement maîtrisés (le paradis de la compétitivité). Elle peut ainsi faire beaucoup d’argent dont elle prélève quelques morceaux bien gras pour s’assurer les services des vedettes du box-office.

      Mais ni les millions de l’industrie du divertissement, ni ceux des stars de l’écran – quand ces dernières ne s’expatrient pas fiscalement avec en prime un doigt d’honneur à la pouilleuse collectivité – ces millions n’ont jamais servi à renflouer les caisses abyssales du régime des intermittents du spectacle!

      Ce qui nous ramène au point de départ : il n’y a aucune raison que la collectivité subventionne le dividende des actionnaires (ou le surplus des vedettes) de l’industrie du divertissement, je veux dire de la presse !

    • Malbrouck dit :

      Lorsqu’on aura dissocié dans nos esprits si conditionnés la question du travail (de l’activité) de celle du salaire (le revenu) on commencera à y voir plus clair et à traiter les véritables enjeux ! Le concept de “salariat” se doit d’être revisité en profondeur !
      Pour ma part je ne suis ni journaliste, ni intermittent du spectacle : je compte devenir “tourneur-fraiseur” pourvu qu’on m’acquitte d’une part du profit engrangé grace à l’extraordinaire robotisation qui se passera de mes services (je pourrais alors réserver mon temps à jardiner voyez vous)
      Un peu d’humour dans le débat : j’attends toujours mon chèque pour être l’un des parrains virtuels de ces milliers de robots dont on nous vantait les mérites productifs de remplacement !
      C’est un monde quand meme ce binz ! :-)

    • Charles dit :

      Oui fonctionnarisons les journalistes…

      Il n’y a d’une part pas assez de fonctionnaires dans notre pays.

      Il y a surtout trop de journalistes indépendants. Trop de journalistes libres d’esprit. Trop de journalistes d’investigation. Trop de journalistes prêts à planter des banderilles dans l’échine du gouvernement et des puissants.

      Fonctionnariser tout ce monde là, les mettra au pas et ce sera beaucoup mieux.

      Charles.

      Précision: Tout dans mon commentaire est ironique. Je plaide coupable. Je suis ironique.

    • Malbrouck dit :

      Charles,

      Dans ma façon de voir la chose c’est tout le contraire de la fonctionnarisation :-)
      Lorsqu’on dissociera travail et salaire pour fonder une société de citoyens en pleine activité (peu importe laquelle) au titre de quoi un revenu de citoyenneté active puisse être perçu en fonction des besoins existentiels de base alors on rendra libre et indépendant tout individu !
      Individu qui par ailleurs peut travailler dans tel ou tel domaine au titre de quoi un salaire additionnel de branche permettrait la prise en compte des décalages de savoirs, des compétences et touti quanti !
      Revenu égalitaire d’existence et salariat : deux systèmes l’un et l’autre mutualisé et transférant “le pouvoir” à des organismes indépendants !
      Financer des compétences c’est autre chose que tenir des individus par ce maudit salariat (la relation patrons/employés)
      Farfelues ou pas je reste persuadé que sans échanger sur nos utopies ce monde ira à sa perte de manière inéluctable sans qu’on n’ait prit le temps d’anticiper et réfléchir une nouvelle donne !
      L’idée bien plus pragmatique et plutôt cohérente, à peine révolutionnaire et bien moins anarchiste de Jacques Rosselin est en cela une excellente piste de travail !
      Ceci dit qu’on le veuille ou non notre système actuel implosera par un principe de réalité évident !

    • Malbrouck dit :

      Oui pour ceux qui suivent ça ressemble effectivement à un RSA Universel puisque toutes les réflexions sur le sujet depuis plus de 20 ans ont fini par accoucher du fameux RSA (portant malheureusement un marquage social bien loin de la révolution culturelle que je garde à l’esprit)

    • sovietis dit :

      pendant qu’on manie le concept novateur, restons dans une ambiance google/presse : un producteur de films paie son réalisateur, ses acteurs, l’équipe de tournage… est ce que le “producteur de qualité d’infos de qualité” paiera (genre reversion du perçu) qualitativement et directement les “acteurs de qualité” de son information de qualité une fois “produite” (fabriquée ?)

    • Rosselin dit :

      @Sovietis. Non, le producteur d’info s’associe à d’autres. Si cette rédaction éphémère vend son travail, charge à eux de se partager les revenus supplémentaires.

    • cylk dit :

      @rosselin je suis d’accord avec cet article et je connais bien ce principe de “se tirer une balle dans le pied” en licenciant à tour de bras, (surtout les gros salaire) réduisant les rédactions en petites équipes aigries et drépressives (j’exagère). Je suis d’accord sur une meilleur répartition des aides à la presse qui patauge plus qu’elle ne nage. Je trouve juste dommage de ne pas parler des rédactions techniques qui ont subit et subissent un lourd tribut dans cette course à la survie. Notamment les SR surtout quand on voit les fautes dans les articles sur internet. Et tous les métiers liés au print qu’on a enterré vivants.

    • Rosselin dit :

      Je voudrais répondre aux commentaires concernant le revenu de vie. J’ai emprunté ce concept mais il est évident qu’un revenu minimum pour les journalistes ne peut être la première étape d’un revenu universel. Par définition, un revenu universel (dont le montant est probablement inférieur à celui que j’ai présenté en exemple) est appliqué à tous et pas à une seule profession. Bref si on veut que tout le monde conduise à droite, on ne commence pas par une catégorie de voitures… Reste que le revenu de vie est une idée intéressante, ainsi que le fait de séparer travail et rémunération. Mais ce n’est pas le propos de mon article.
      Mon propos concerne l’information générale, politique et économique dans une démocratie. Elle n’a plus de modèle économique dans la sphère marchande. L’immense majorité des lecteurs n’est plus prête à payer et la pub n’est plus un moyen de financement. Laisser le marché faire ne peut que conduire à son appauvrissement et sa disparition. La collectivité doit donc trouver une solution. Nous dépensons aujourd’hui collectivement 1,2 à 1,7 milliard d’euros en aide à la presse (et je ne parle pas du budget alloué à l’AFP). Je propose simplement de réaffecter cette aide en la versant directement aux journalistes et, plus généralement, aux producteurs d’info. Les modalités et critères de versement ne sont pas triviales bien sûr. On peut en discuter.
      Quand aux commentaires anti-fonctionnaires et anti-Etat, je ne les comprends pas : pour moi l’argent de l’Etat n’est pas sale. Il ne corrompt pas tout ce qu’il touche (on pourrait en revanche s’interroger sur celui de certains actionnaires privés de grands journaux d’information). De nombreux journalistes d’info du service public font un bon travail (même s’ils restent étonnamment conformes dans leur pensée politique et économique). Et lorsqu’une activité essentielle pour la collectivité et la démocratie ne trouve pas son financement par le marché, la collectivité doit prendre le relais.
      Maintenant si les anti-Etat ont une meilleure idée pour financer durablement l’info générale de qualité dans une démocratie, je suis à l’écoute.

    • Rosselin dit :

      @gowap : les supports changeront d’économie. Ils se recentreront sur l’édition et la distribution de l’info. Leur économie sera modifiée dans la mesure où ils auront des coûts en moins côté journalisme. Et leur qualité sera améliorée puisqu’ils auront accès à une offre plus riche et variée d’info.

    • poisson dit :

      L’idéal est que ce soit le lecteur qui finance. Ceux qui ont corrompu le système basé sur ça étaient gêné par le rapport de force induit et la liberté de la presse qui en découlait.
      Constat N°1:
      Le rapport de force que veut un publicitaire qui veut mettre sa pub où il veut quand il veut au prix qu’il veut, est un rapport de dépendance de la presse à lui. Constat N°2:
      L’état qui sauve la presse a prouvé que ses subventions ne garantissent pas la pluralité de la presse, mais la servilité de la presse à la gouvernance de l’état.
      Constat N°3:
      Les techniques modernes donnent les moyens à une presse nationale d’être renseigné sur les quatre coins de l’hexagone et dans tous les angles de la planète (j’aime la géométrie..) et donne les moyens à une presse nationale quotidienne d’être éditée, imprimée et distribuée localement comme jamais elle n’en avait eu les moyens. Et pourtant tout est devenu plus difficile.

      Conclusion:
      Il n’y a donc aucune puissance intrinsèque qui tendrait à créer de la presse libre, aide directe aux journalistes ou pas, par quel effet cela fournirait-il un journal qui serait fait pour moi, lecteur?

    • iban dit :

      Mon expresso du dimanche matin m’est servi par une de vos jeune consœur qui n’a trouvé que ce petit job pour survivre.Jeune diplômée,trilingue elle est en train de laisser tomber tous ses rêves et son désir de faire ce métier.Mais quel gâchis,alors au lieu d’engraisser des hebdo tv ;il est clair qu’il serait plus judicieux de soutenir des jeunes talents…

    • Malbrouck dit :

      Jacques Rosselin,

      J’ai bien compris votre appel à réflexion concernant les évolutions propres au monde de la presse et de l’info : cette idée de redistribution directe aux journalistes (au sens large) m’apparait juste !
      Je continue cependant à penser que cette crise dans le monde du journalisme s’inscrit également dans une crise générale d’un modèle économique à repenser !
      Si vous défendez votre nécessaire et urgente revendication “corporatiste” en la déconnectant d’une réflexion plus globale on risque d’y voir la défense d’un énième “régime spécial” (les critiques relatives au fonctionnariat ne se sont d’ailleurs pas fait attendre) !
      Le débat sur la redistribution équitable des richesses est le grand chantier !
      Quoi qu’il en soit bon courage à vous ;-)
      Pourquoi vous ne vous appuyez pas sur les syndicats de la presse quitte à fonder un syndicat du E-journalisme ?

    • Gru dit :

      Moi je vois pas quels pourraient être les critères légitimes d´éligibilité au truc. Et ceux pour mettre fin á la rénumération.

    • Rosselin dit :

      @mabrouck Je comprends le risque corporatiste. C’est pourquoi je propose d’ouvrir la profession à de nouveaux métiers. Et je pense que certains métiers relèvent de l’intérêt général et sont hors de la sphère marchande. Il faut trouver des systèmes de revenu minimum. Les intermittents du spectacle sont un régime d’exception, mais il est utile non ?

    • Rosselin dit :

      @poisson Les radios publiques diffusent une info qui ne me paraît pas à la botte de l’Etat. Et qui peut revendiquer une certaine qualité. Même si elle me semble conforme à la pensée molle qu’on retrouve dans les médias privés.
      Le lecteur n’achètent plus son info au prix coûtant depuis l’invention de la pub. Sauf à de rares exceptions difficilement généralisable (le Canard ou Médiapart qui ne propose par un service d’info général mais des enquêtes sur des sujets précis – et récurrents). Il est de moins en moins enclin à payer de l’info. Même si elle est de qualité.
      Libérer les producteurs – les artisans – de l’info des médias dans lesquels ils travaillent me semble une bonne piste.

    • Malbrouck dit :

      Tant de métiers de services répondant à de réels besoins sont d’intérêt général et ne relèvent pas à mon avis du secteur marchand ! J’ai mentionné dans mon premier commentaire les intermittents du spectacle, non sans hasard, (à nouveau dans le collimateur dans un rapport de la cour des comptes) parceque je crois aussi que la culture ne doit pas se laisser aspirer par le merchandising !
      Réveiller la conscience collective des citoyens, surtout à propos de l’enjeu démocratique du journalisme et de l’information, c’est bien sauf que j’ai bien du mal à imaginer la traduction concrète de toutes nos prises de conscience !
      Me voilà ravi d’avoir été conscientisé et de vous assurer de mon soutien : j’imagine que ça vous fait une belle jambe non ? ;-)
      A part passer son temps à “liker” et à retweeter pour se donner l’illusion d’un acte politique (quand il ne s’agit pas de signer en ligne une énième pétition) j’estime que pour l’instant nous sommes loin du compte nous les citoyens ! Les “anonymous” devraient laisser place à des “visibulus” bien plus dérangeants !

    • Malbrouck dit :

      des “visibilus” :-)

    • poisson dit :

      Rosselin a dit: “Le lecteur n’achètent plus son info au prix coûtant depuis l’invention de la pub”
      Effectivement je me suis renseignée mieux (sur wiki) mais jusqu’à une époque encore récente les publicitaires avaient besoin de la presse pour mettre leurs encarts, maintenant c’est la presse qui a besoin des publicitaires.

      Après sur wiki je suis allée voir l’aide à la presse française. J’y ai vu que l’aide est versée en partie aux journalistes. Rien n’est versé directement aux comptes des journaux. Sans lecteurs, sans journalistes, sans distribution de journaux, sans employés, les journaux ne touchent pas un centimes de l’état.

      J’ai aimé le début du wiki sur les aides à la presse. Merci Laval en 42! :-)

    • Armand dit :

      Si on donnait plus d’argent aux journalistes continueraient-ils à coucher avec des politiques ? Feraient-ils des ménages ? Ne sous-traiteraient-ils pas à des sociétés maghrébines ou roumaines l’écriture de leurs papiers ?
      Attention aux fausses bonnes idées.

    • Armand dit :

      L’attribution de la carte de presse dépendant du pourcentage de revenu qu’on tire de l’exercice de la profession de journaliste, si le revenu universel du journaliste est supérieur au RSA il va attirer beaucoup de candidats. Encore une usine à gaz de type intermittent du spectacle. Ca me rappelle aussi les jeunes algériens qui travaillaient quelques semaines dans un journal dans les années 90 pour pouvoir ensuite obtenir des papiers en France en tant que journalistes persécutés par les islamistes.

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