Parlez!

Blogus Blablae Species

J’ai demandé à poisson, cliente bien connue de l’épicerie, de développer une de ces/ses digressions dont elle a le secret…

(…)

Le commensalisme est une exploitation non parasitaire d’une espèce vivante par une autre espèce. Nous sommes LA preuve que la blogosphère est vivante, même si d’aucun pense que c’est la notion de blogueurs influents (RIP la notion) qui l’était, la preuve de vie.

Sous interruptus :

Moi aussi ça m’est arrivé il y a longtemps, un livre de SF emballé comme un cadeau sous un plastique transparent. C’est comme les mandarines emballées au milieu des autres, il ne faut pas les prendre.

Sous George :
La citation dujour: La citation du jour Life is 440 horsepower in a 2-cylinder engine. Henry Miller.
Il s’y connaissait en mécanique Henry Miller?
Ce serait deux cheveux dans un huit cylindre que ça ne m’évoquerait pas grand chose..

Sous l’art de la fugue :
Mon jumeau, né le même jour dans un lieu proche ou le même, mais avec d’autres parents bien sûr, mon contraire absolu, à la voix de fausset qui chante juste, est mort. Daniel Darc. Il est raide-mort. Il était raide-vivant et je me sens froide couchée contre lui froid.

Vous avez remarqué comme je me laisse aller ici et là? À écrire tel-quel ce qui me vient à l’esprit? Quand je commente, je me dis que la principale des correction envers les lecteurs est de faire court, ou au moins d’écrire pour être vite lu, même si cela fait trop de lignes que ce soit écrit dans le sens de la pente qui descend, et non pas de la pente qui monte. Ma conviction est que souvent, les commentaires ne sont pas lu du tout, ni vite ni lentement. Sauf par les acharnés, purs et durs des forums ou des blogs.
Donc avouons-le, je camoufle que je fais souvent du bavardage insipide en faisant bref. C’est connu être bavard, c’est être trop long et ennuyeux. Donc fatalement, si on fait court, être traité de bavard ne se peut. Super logique.

Mais reconnaissons que dire « moi aussi » sous le billet qui s’appelait « interruptus » à cause du livre aux pages manquantes, c’est proche du néant. Sous le billet « George aurait 70 ans » c’est encore pire, voilà que je dis un truc vaseux sur la citation du jour. Mais-on-s’en-fout !  C’est une citation, c’est éphémère, ça mange pas de pain, si on comprend, on comprend, si on ne comprend pas, les cylindrés et les moteurs, et les voitures, tant pis !, pas important.., on devrait simplement s’occuper d’autre chose !

Mais non, ça m’est passé par la tête et hop je l’écris, ça m’est passé par la tête et c’est très bête mais hop je clique « envoyer ». Souvent j’ai la sensation que tout ce qui me passe par la tête au moment où je « traite » l’info que je suis en train de lire est assez bête. C’est basique, systématiquement contredisant même, je prend un contre-pied forcé à cette tendance et il me vient du consensuel, oh la la comme tout est compliqué, donc il faut que je le confronte, sinon autant s’enliser tout seul dans sa bêtise comme tout le monde. Et si personne ne me lit, ce que j’espère parfois, quand moi je me lis, comme si ce n’était pas de moi, c’est-à-dire quand mon commentaire est sur le blog, je m’aperçois que oui c’est bête, plus ou moins, et ça m’aide. À relativiser l’importance de mes pensées lacunaires.

Ça peut m’aider aussi à voir que j’ai l’air frapadingue. Ce n’est pas que je le cherche, profitant bassement de l’anonymat pour délirer, non. Mais il faut dire que ça ne m’inquiète pas tant que ça, ni ne m’impressionne, c’est une évolution qui se fait à cause de l’âge et des expériences, et qui tend à ce qu’on se moque un peu de son image, anonymat ou non. Pourquoi ne pas se libérer un peu à l’occasion? Quand on est sincère et qu’on exhume de ces choses, celles qui vous atteignent alors que d’autres vous indiffèrent, quand on montre les intérêts qu’on porte sans affectations à certains plus qu’à d’autres, qu’importe de sembler bizarre. Je ne parle pas des « certains » dans la vraie vie de tous les jours. Je parle de ceux qui sont en vous parce qu’on a lu leurs livres, écouté leur musique, leurs paroles de chansons, leurs interviews, leurs blogs.

Pour avoir dit ça :
Mon jumeau, né le même jour dans un lieu proche ou le même, mais avec d’autres parents bien sûr, mon contraire absolu, à la voix de fausset qui chante juste, est mort. Daniel Darc. Il est raide-mort. Il était raide-vivant et je me sens froide couchée contre lui froid.
Ce qui est un peu frappadingue.
J’ai eu un retour.
« ? » m’a-t-on dit.
À force d’être concis et en mode premier jet, on laisserait supposer des trucs et des machins intrigants.
Alors que rien.

C’est qu’un jour, bavassant de confiance avec des potes d’un moment sur un forum, voilà qu’on cherche les gens célèbres né le même jour que soi. En cliquant sur le net, on tombe sur des sites d’horoscopes, formidable, et on trouve. « J’ai trouvé Daniel Darc, je sais pas qui c’est » que je dis sur le forum. « C’est super bien » me dit un petit étudiant jeunot, on avait causé ensemble une fois bien gentiment, un mois d’Août esseulés tous les deux,  et donc confiance aveugle en son « c’est bien », je glane sur le net, je prends 2 CD à la médiathèque, je lis une ou deux interviews. Je ne suis pas une fan au sens je peux vous en dire long sur lui. Ça ne m’intéresse pas trop, même pour d’autres chanteurs je finis par décrocher n’arrivant pas à assurer le côté « inconditionnelle ».

Daniel Darc 20 mai 1959-28 février 2013
Je partage la même date de naissance.
D’où le froid que je ressens.
Et je dé-partage tout le reste.
D’où l’image inversée de moi que je vois.
Comme il y habitait d’après libé, il était peut-être né à Paris comme moi. (non je n’irai pas voir wiki pour savoir). Je pense souvent aux bébé voisins dans les maternités, qui ne se croiseront plus. Même si ce n’est pas le cas précisément, ça me renvoie à ça.
Et il faut dire que j’ai eu l’impression à l’adolescence d’habiter une époque où il fallait choisir entre deux trajectoires. Attention ce n’est pas Faust, avec d’un côté une vie pépère sans éclats et de l’autre la gloire et la réussite en vendant son âme au diable, ou l’histoire de la peau de chagrin.  Non, ces deux trajectoires que je percevais étaient, soit envoyer tout bouler et tracer sa route (le printemps 68 t’habite et il t’a habillé de révolte et de goût pour les expériences extrêmes), soit non, et il n’y a plus qu’à suivre, plus mollement, un chemin tracé (68, mouais c’est cool mais c’est le passé, marre, faut pas ressasser).

Tout ça m’a convaincu encore un peu plus qu’il faut que j’arrête d’écrire des trucs incompréhensibles comme je le fais parfois. Mais j’aime bien le faire, et si c’est court ça va non ? Je lis moi-même les longs messages incompréhensibles +++ , qu’on trouve de temps en temps dans l’épicerie. Je les décortique comme je peux si je peux avec mon imagination, ou carrément comme je ne suis pas très charitable, je rigole.

 

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    RÉCLAMATIONS (18)

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    • NK dit :

      Quelle bonne surprise pour le plat du jour !

      Petit clin d’œil en retour, via @TheTweetOfGod
      https://twitter.com/TheTweetOfGod/status/198424636457877505

    • Malbrouck dit :

      Tous ces “anonymes” qui commentent sur les blogs c’est comme dans “the voice”, chacun a sa signature vocale propre en quelque sorte ;-)
      Les digressions de Poisson sont identifiables tout comme celles d’Albatros plus ésotériques à ses heures, Lovely c’est du plus sulfureux, As du brut de décoffrage etc…un orchestre hétéroclite, fenêtre sur cour sur un immeuble avec des habitants aussi divers que variés !
      C’est sans doute cette libre expression que je viens lire aussi !
      Avant je m’abandonnais bien davantage à l’écriture automatique…Je fais parfois des rechutes mais je me suis plutôt assagi !
      (comme je viens de le faire, je supprime bien souvent les 3/4 de mes commentaires et je viens rebondir éventuellement par bribes) :-)

    • Malbrouck dit :

      Il y a du réflexe anthropologique à vouloir constituer “famille” ou communauté d’esprit sans pour autant renoncer à l’hyper-individualisme gage de liberté : internet c’est le grand collectif des labels indépendants qui comptent bien le rester :-)

    • As dit :

      @Malbrouck,
      Je te présenterai ma soeur, un jour. De nous 2, je suis la plus diplomate…

      C’est qu’on aime pas trop ça les circonvolutions et les pincettes, rapport au passif familial.
      Toujours la même histoire: des secrets de famille, des tabous, des silences qui mutilent. Rien d’original donc.
      Du coup, on ne fera jamais carrière dans la diplomatie, temps il nous est insupportable la moindre fioriture pour les choses essentielles.

      Mais j’aime les digressions dont tu parles car elles rendent plus vivantes ceux qui les écrivent.
      Même si c’est parfois long, j’essaie de tout lire justement pour comprendre un peu mieux les habitués de l’épicerie ou le client de passage.
      En fait ces digressions m’ont apprises à prendre du recul et à ne pas juger les autres en fonction d’un désaccord sur un sujet donné. D’autres nous rassemblent.
      J’aime quand ça part de tous les côtés, comme autant de pistes vers un univers encore étranger.

    • Malbrouck dit :

      oui As,
      Et quand je parle de communauté d’esprit faut le dire vite bien entendu :-)
      Grâce à internet j’ai pris conscience comme on peut vite devenir le “réac” d’un autre “réac” sans jamais qu’aucun s’en rende bien compte !
      Les bons vieux clivages idéologiques droite/gauche m’apparaissent complètement obsolètes, dépassés, presque fabriqués tant je peux trouver des propos justes d’un coté comme de l’autre et autant d’horreurs d’un coté comme de l’autre ! Ceci grace à l’expression hyper-individualiste débarrassée des mots d’ordre partisans !
      Celui qui aurait l’idée de fonder l’association des réactionnaires de France a de bonnes chances de faire un carton plein soit dit en passant (appelons ça le populisme) :-)
      Grâce à internet j’ai mesuré le fait que nous sommes tous des réacs à un moment donné ou à un autre !
      Réac ce mot valise, ce mot fourre-tout pour insister sur des frontières idéologiques bien plus poreuses qu’on ne pense sur tant de domaines ! Contradictions et paradoxes de tous les cotés !
      L’exemple symbolique hier soir sur France 2 c’est une Natacha Polony et un Aymeric Caron, tous deux plutôt brillants, intelligents et chacun réac à sa façon (du bon terroir souverainiste jusqu’au végétarisme aseptisé bon teint : tous deux sains de corps et d’esprit tenants de la “bonne morale”) ! Idem pour Zemmour et Nolleau (le réac de droite vs le réac de gauche)…
      Je retrouve ce “socle commun réac” dans la société, sur internet et je m’interroge sur ce que ça peut produire comme société !
      On manque de recul pour analyser tant de convergence réactionnaire entre des citoyens supposés s’opposer !

    • Albatros dit :

      Ne pas oublier de respirer

      Je ne suis pas certaine d’avoir tout compris, c’était comme un footing, et je suis allée jusqu’au bout, j’ai bien aimé mais je ne serais dire pourquoi tout est dans la foulée ….peut être.
      :-)

    • As dit :

      @Malbrouck
      Je regarde pas ce genre d’émissions, c’est trop mauvais pour ma tension.
      Je les fuis en fait car ce sont souvent des débats stériles et violents.
      Je cherche des mots vrais, sans vindicte systématique mais sans langue de bois.
      Des mots non vidés de leur substance. Comme toi, je déteste ces mots valises qu’on distribue comme des maléfices pour décrédibiliser sans effort.
      On pervertit leur poids légitime, leur importance pour les transformer en baudruches grotesques qu’on agite comme autant de monstres de foire.
      Je préfère les débats de comptoirs, les parlottes sur le marché, les inquiétudes chez le docteur ou les soupirs murmurés dans les administrations. Je suis donc, de facto, une affreuse populiste par nature (ajoutez mon mépris pour les politiques en guise de baptême).
      Sur le web, c’est pareil. C’est souvent violent et gratuit. Selon où on se trouve, on est réac, gauchiste, laxiste, raciste, populiste…autant de “iste” que de tartes dans ta gueule.
      D’un bord à l’autre, d’un extrême à l’autre avant d’avoir pu échanger 2 phrases.
      C’est pour cela que je reviens souvent vers l’épicerie.
      Je sais que je pourrai partager tout et rien sur l’essentiel ou l’inutile sans me faire atomiser pour avoir oser penser par moi même (sans délicatesse parfois).

    • Malbrouck dit :

      :-)

    • Oblivion dit :

      J’attends son commentaire sous son propre texte. ;)

    • poisson dit :

      Si j’avais eu l’occasion de le caser une troisième fois, j’aurais sans doute mis trois “p” à frapadingue. Malheureusement pour vous et pour l’évolution future de la libre orthographe, ça n’a pas été le cas.

      Ça te va comme ça Oblivion?

    • Oblivion dit :

      Oui ! :)

    • iban dit :

      Le Portugal pays mediteraneen ?

    • Guy dit :

      Eh oui le Portugal pays sur l’Atlantique appartient à l’UPM…

    • iban dit :

      Ouais…

    • Guy dit :

      Tu peux dire ouais, ça change peu… ;-)

    • iban dit :

      il est vrai!
      surtout que le reste est très juste.
      Presque à l’appeler de ses vœux.

    • poisson dit :

      La suède aussi, à l’UPM.
      La Suède, pays méditerranéen.
      (Iban, en pleine apoplexie qui dit: “arghhh, mais pas la Suisse!”)

    • Le Portugal… Et ses azulejos ☼
      Bonne journée.

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