LOL

La vengeance est un plat qui se mange

Puisqu’il est de bon ton de revisiter des tranches de son passé numérique ces temps-ci…

(…)

Voici une petite histoire vécue, dont j’ai juste changé certains détails très précis, pour ne pas embarrasser la personne dont je vais vous parler (je défends l’anonymat et le pseudonymat même de ceux qui me ruinent…).

Nommons-là Alexandre par facilité, pour la suite du texte.

Il y a un an, au moment où les « activités » de certains membres de la « Ligue du LOL » refont surface, je reçois un mail anonyme.

Quelqu’un me demande si je me souviens d’un compte Twitter qui me pourrissait tous les jours avant, pendant et après mes chroniques quotidiennes, dans la matinale d’Europe 1.

C’était en 2012, donc sept ans plus tôt, au moment où je reçois le mail (en janvier 2019).

Il faut dire qu’à l’époque, je me prenais un bon sac de merde tous les jours, sur Twitter ou dans les commentaires de mon blog.

J’avais totalement oublié cet épisode.

Je vais donc dans mes archives téléchargées de Twitter avec le pseudo du compte, pseudo qui me rappelle vaguement quelque chose.

Je retrouve effectivement en un clic (c’est magique les archives) ses saloperies quotidiennes, mes vaines réponses, globalement peu inspirées.

Je réponds au mail.

Mon bienfaiteur anonyme me propose gentiment de me donner l’identité réelle de celui qui se cache derrière le pseudo ;  le vrai nom de l’auteur de ces méfaits.

Je ne résiste évidemment pas à la tentation et là je vous avoue que je suis stupéfait par ce que j’apprends.

Je ne connais pas personnellement celui qui me moque tous les jours, mais Alexandre occupe depuis une fonction importante dans l’univers médiatique. Je n’en dirai pas davantage ici (ou alors il faut me payer cher).

Comme j’ai aussi de belles responsabilités à ce moment-là (pour peu de temps 😉 ), je décide de m’amuser un peu. Les occasions de rire sont suffisamment rares pour ne pas en manquer une aussi bonne.

Il se trouve qu’au moment où mon interlocuteur anonyme (dont je n’ai plus jamais eu aucune nouvelle) me balance Alexandre, ce dernier sort un bouquin.

Rien de plus facile pour moi à l’époque que de monter un petit piège. À l’ancienne…

Je follow le compte twitter personnel d’Alexandre.

Il me suit instantanément en retour.

Je lui demande alors en message privé de me faire envoyer son livre qui m’intéresse :

« Bonsoir, j’aimerais tellement recevoir votre livre. Bien à vous. gb »

J’espère que vous apprécierez à sa juste valeur le « tellement » !

Deux minutes plus tard ( !!!!), Alexandre me répond.

« Bien sûr ! Avec plaisir. À quelle adresse puis-je l’envoyer ? »

C’est là que je suis pervers…

Plutôt qu’un envoi par la poste qui n’aurait vraiment aucun intérêt, je propose à Alexandre de venir en discuter, entre gens tellement trop cool des médias.

Je ne manque pas d’ajouter que  – je cite – « je serais honoré » de le rencontrer.

Oui, oui, j’ai vraiment écrit « honoré ».

Comme j’avais écrit « tellement ».

C’est que je sais que l’ego est un vilain défaut.

L’ego d’Alexandre va donc le pousser à venir me donner son bouquin, en mains propres, dans mon bureau.

Quelques jours plus tard, le voilà.

Très sympa. Souriant. Une tête de mec bien. Propre sur lui.

Nous échangeons sur nos métiers respectifs, un moment vraiment agréable.

Je fais durer le plaisir, à vrai dire…

La rencontre va s’achever. Je lui promets un retour rapide sur son travail.

Et puis…

« Et sinon que devient ton compte twitter @sonpseudodetroll ? Tu sais, celui avec lequel tu m’as pourri, pendant des mois ? »

Alexandre devient plus blanc que la peinture blanche neuve des murs de mon bureau.

Croyez-moi, ces quelques secondes où l’effroi traverse le regard de votre interlocuteur sont un souvenir plaisant. Satisfying !

« Bah oui, quand même, Alexandre, il faut bien qu’on se reparle un peu du passé, non ?»

Après avoir repris très vaguement une contenance et, surtout, tenté de me soudoyer pour comprendre par quel miracle je sais (comme j’ignore qui l’a dénoncé, il peut toujours courir…), Alexandre m’explique qu’il n’aimait pas ce que je faisais à la radio et que du coup il avait décidé de m’emmerder.

Oh bien sûr, aujourd’hui, il regrette  ce qu’il m’a fait, ne recommencerait plus..

Et blah blah blah d’la pookie…

Moi, sincèrement je m’en fous qu’il regrette ou pas, je kiffe l’instant.

Je viens de lui donner une petite leçon, en face à face, « les yeux dans les yeux », comme disent les politiques qui se la pètent.

Et ça, ça n’a pas de prix.

Cela compense un peu les centaines de messages dégueulasses reçus pendant des années, sans pouvoir rien faire en retour.

Deux jours après notre face à face, le 24 février 2019, je lui ai dit du bien de son livre, en privé.

C’est qu’il est vraiment bien son bouquin à Alexandre.

Mais comme vous ne saurez jamais son nom d’auteur, on s’en cogne !

Surtout, quand même, je ne suis pas assez sympa pour faire de la pub gratos à un mec qui m’a pourri, tous les jours, pendant une saison.

On ne s’est jamais revus, nous n’avons pas reparlé depuis.

Mais j’aime bien cette petite histoire anodine qui montre à tout le monde que la route est longue.

Et puis, comme le dit toujours mon vieux pote Pierre Louis : « La vengeance est un plat qui se mange ».

 

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