SENS

Réflexions sur la disqualification

J’ai toujours été intéressé par les marginaux…

(…)

Ceux que Howard S. Becker nomma les Outsiders. Cette curiosité m’a conduit dans les années quatre-vingt (en 1984 précisément) à consacrer ma première enquête, puis mes recherches universitaires ultérieures (mémoire de DEA de sociologie politique, en 1985, et thèse de doctorat en science politique, en 1992), au Front National (FN), alors émergent et donc marginal, déviant au sens de Becker ; une sorte d’outsider dans le champ politique.

Ce qui me motivait c’était, pour le dire simplement, de comprendre ce qui pouvait pousser des gens à prendre la direction la plus violemment opposée aux mouvements majoritaires, à lutter contre ce qu’ils nommaient déjà le «système».

Après des années d’enquête de terrain, j’avais abouti, suite à de nombreux entretiens avec les dirigeants du FN de l’époque, à quelques réflexions simples qu’il me semble opportun de rappeler.

Pourquoi ?

Parce que j’ai le sentiment que, par homologie, ces réflexions, issues de mes recherches, peuvent permettre de comprendre pourquoi, aujourd’hui encore, des positions présentées par beaucoup de ceux qui s’expriment publiquement (dans les médias, sur les réseaux sociaux, etc.) comme «extrémistes», «populistes», «complotistes», voire même «négationnistes», suscitent une si forte adhésion.

D’abord, j’avais fini par vérifier que mettre à l’index des citoyens, pointer leur mouvement, tenter de le/les dévaloriser, de le/les délégitimer, c’était, paradoxalement, lui/leur octroyer des ressources, des arguments politiques et sociaux importantes. En ce sens, parmi des dizaines de témoignages, j’avais été marqué par cette réponse de Jean-François Jalkh, alors jeune membre du bureau politique du FN (entretien réalisé en 1985) : «Quand un jeune militant de quatorze, quinze ans se fait traiter de ‘fasciste’ vingt fois par jour, il se dit : ‘le fascisme ce n’est pas si mal puisque moi je suis ordinaire. Si les fascistes étaient des gens comme moi, ils n’étaient peut-être pas si mal que ça’».

Autrement dit, un stigmate, pourtant très connoté, très négatif, n’est pas forcément vécu comme dévalorisant par celui à qui on l’accole, ni par ceux qui se reconnaissent en lui. La disqualification, médiatique, politique ou morale, ne fonctionne pas comme le pensent ceux qui l’utilisent.

En introduction de ma thèse, j’écrivais, alors, à propos du FN, que si ce parti était souvent traité comme de l’ordre de l’impensable, c’est que cet impensable renvoyait aux postures dominantes de la majorité des commentateurs. Des commentateurs alors plus occupés à juger le phénomène et à le condamner, qu’à analyser les mécanismes et les causes de son institutionnalisation.

J’avançais, plus loin, certes imprudemment, que tous les points de vue visant à dénoncer le FN contribueraient à nourrir son argumentation et à la et le solidifier. Pour écrire les choses crument, le dénoncé enflerait proportionnellement à la vigueur de ses dénonciateurs. Certains devenant même de véritables professionnels de sa dénonciation, intéressés du coup à nourrir la «bête» qu’ils affrontaient pour exister et s’imposer comme ses «meilleurs ennemis» dans les espaces médiatique, politique, intellectuel…

Je crains de ne pas avoir eu tort.

Se posait aussi (déjà) à l’époque, la question de la médiatisation importante, démesurée même, d’un phénomène encore relativement mineur. Je faisais l’hypothèse qu’en lui octroyant une couverture médiatique forte – parce que l’on voyait bien que l’intérêt, la curiosité pour ce genre de groupes marginaux générait de l’audience, faisait vendre du papier – des médias l’avaient évidemment renforcé. J’avais l’intuition, en même temps, qu’en usant de méthodes déontologiquement limites pour éviter, en le médiatisant, de banaliser le FN et pour tenter de le marginaliser, ces médias, ces intellectuels, ces observateurs lui rendaient service.

Ici un point temporel, chronologique est nécessaire.

Lorsque j’ai initié puis publié mes recherches, il n’y avait pas de web, pas de blogs, ni de réseaux sociaux, de sites de partage de vidéos ; pas davantage de clics, de buzz, ni de clashs à répétition(s) sur des chaînes d’opinion en continu (FranceInfo, la radio d’information en continu, naquit en 1987 et LCI, la première chaîne d’information en continu de télévision ne vit le jour qu’en 1994). Autant de tuyaux et de réseaux qui multiplient par dix, par cent, par mille, par dix-mille, par des millions… les outrances, les mensonges comme les représentations d’un objet ou d’un sujet, quel qu’il soit.

Dès lors, si je plaque sur la période actuelle mon analyse du FN émergent et des réactions médiatiques à cette irruption, je crois comprendre pourquoi les moyens importants déployés pour démonter les discours les plus ineptes, et notamment, dernièrement, le documentaire Hold-up (sur la pandémie), sont inopérants, voire renforcent, à l’inverse, les croyances de ceux qui aiment à se complaire dans une forme de déviance.

Comme elle a échoué pour circonscrire le FN (déjà finaliste deux fois de la présidentielle, en quinze ans – 2002/2017 – avec deux candidats différents), la disqualification publique, médiatique ne contiendra pas ces «outsiders 2.0» (je n’ai pas trouvé de moins mauvaise dénomination), opposants farouches à ce qu’ils pensent et vivent comme un système global (politique, médiatique, économique…), visant à les exclure voire, pire, à les détruire.

Ici, il ne faut pas se tromper. Le sujet est la Démocratie. Comme je l’écrivais avec Laurent Guimier, en 2018, la défiance de beaucoup de Français vis à vis de tous les médias est l’un des ferments de la gravissime rupture démocratique française (je n’évoque pas ici sciemment la responsabilité – écrasante – des politiques eux-mêmes). Surtout, ce qui était resté longtemps cantonné sur le web a escaladé les murs de la virtualité numérique pour faire irruption dans nos rues ; avant-hier avec les gilets jaunes, bientôt avec les victimes économiques et sociales de la crise sanitaire. Si beaucoup de nos concitoyens croient en des thèses erronées et suivent aveuglément des charlatans, c’est que, fiesta du fact-checking ou pas, personne ne parvient plus à établir ou rétablir des évidences. Et s’ils contestent les médias globalement, c’est que beaucoup sont contestables à force d’avoir privilégié l’opinion et le commentaire, l’arrogance et les arguments d’autorité, là où chacun se serait volontiers contenté d’information(s).

Je plaide donc ici simplement pour le Savoir et l’Éducation. C’est d’abord à l’école, au collège, au lycée qu’il convient d’apprendre à analyser, comprendre, critiquer et réfuter tous les obscurantismes.

Au lieu d’encombrer les plateaux et les studios avec nos egos et nos avis interchangeables, nous incombe la tâche exaltante d’épauler nos enseignants, déjà en première ligne, en les rejoignant dans les salles de classe ou sur les écrans.

C’est là que tout doit commencer.

RÉCLAMATIONS (23)

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  • Hélène Viala dit :

    Tout à fait juste et bien vu. Je souscris totalement. Comme quand on arrose des mauvais herbes: elles finissent par envahir tout le jardin. Et fières d’être de mauvaises herbes !
    La responsabilité des médias dans tout ça…

  • Marc Capelle dit :

    Belle réflexion. Certes, il faut soutenir les enseignants. Il m’arrive d’intervenir dans les collèges et lycées en éducation aux médias, au titre de la réserve citoyenne de l’Education nationale (mal nommée et peu connue). Je le fais très modestement. Le chantier est immense et il faudrait, sur ce plan, autant s’adresser aux élèves, qu’aux enseignants et aux parents. Cela dit, l’éducation aux médias n’est pas suffisante. Et, ici, tout se complique.
    Il y a , évidemment, des enseignants solides, très engagés, très convaincus de la nécessité de former de futurs citoyens. Très convaincus aussi que si certains sujets ne sont pas abordés à l’école, ils ne le seront pas non plus dans les familles. Ceux-là revendiquent cette mission et font souvent un travail fantastique (y compris en primaire). Mais :
    – souvent ces enseignants épatants sont livrés à eux-mêmes et ne sont pas soutenus par leur hiérarchie en cas de difficulté (l’affaire Samuel Paty l’a tristement démontré).
    – bien des enseignants ne sont pas à l’aise avec les notions de liberté d’expression, d’accès à l’information, etc. Souvent, ils n’abordent même pas le sujet avec leurs propres enfants, et ne prennent sur ces thèmes aucune initiative en classe. Si la consigne ne vient pas d’en haut, si on ne leur livre pas un « prêt à enseigner », ils ne bougent pas.
    – Bien des enseignants (parfois les mêmes que ceux évoqués ci-dessus) ne soutiennent pas leurs collègues qui prennent des initiatives. « Tu en fais trop », « Tu cherches les ennuis »…
    Bref, le climat est tendu et la situation est très compliquée. « Les enseignants » ne forment évidemment pas un groupe homogène (pas plus que les journalistes ou autre).
    Etre enseignant est un métier essentiel et c’est devenu un métier très difficile. Est donc posée la question de leur recrutement, de leur formation, de leur mission. Les autorités académiques ont-elles la volonté et les moyens de prendre en charge ce chantier ? Faut-il agir depuis les hautes sphères du ministère ou se rapprocher du terrain via les académies ?
    En attendant, les uns et les autres (professionnels de différents secteurs, bonnes volontés) peuvent certes donner un coup de main. Mais cela ne peut suffire.

  • « C’est d’abord à l’école, au collège, au lycée qu’il convient d’apprendre à analyser, comprendre, critiquer et réfuter tous les obscurantismes. », écrivez-vous avec justesse.
    Éduquer aux médias et au numérique (… aux pixels), est une mission cruciale et de longue haleine qui nécessiterait que l’on y mette toute l’énergie possible.
    Pour l’illustrer par une démarche qui me parait intéressante, je vous invite à découvrir le film « Révélation – La véritable identité des chats » (visible ici : https://vimeo.com/166931978), réalisé par les élèves de seconde Gestion Administration du lycée Madeleine Vionnet de Bondy en 2016 dans le cadre d’un atelier dirigé par William Laboury.
    Le film est constitué de 2 parties :
    • une première qui restitue le film faussement conspirationniste (qui prétend semer le doute sur l’origine des chats) réalisé par les élèves.
    • une deuxième (à partir de 4’34 ») qui met en lumière les techniques de manipulation de l’attention utilisées dans le film pour que le doute s’installe chez le spectateur.
    Plus d’informations sur le projet dans sa description sur Vimeo.
    NB : Ce film ne traite, bien sûr, que d’une facette de ce que doit couvrir l’éducation aux médias et au numérique pour comprendre le monde dans lequel nous sommes immergés.

  • poisson dit :

    Pas de commentaires, mais des questions (des vraies dont j’ignore la réponse, car on croit parfois à des sous-entendus quand on a des croyances à remettre en cause).

    – Pas de militantisme, plus ou moins masqué, avec plus ou moins d’intentions, dans les médias? Seulement le besoin de caresser l’audience?
    – Nous rejoindre dans la classe? Qualitativement et quantitativement? Qui et comment?

  • Guy dit :

    Alors poisson le militantisme dans les médias est bien moins fort que l’envie de faire de l’audience. Oui vous rejoindre, qui veut, peut, le souhaite…
    Merci Marc pour ces remarques. Merci Thimothy je vais regarder. Merci Hélène.

  • Gdec dit :

    L’argument n’est pas nouveau, et il m’est toujours aussi décevant. On ne me fera jamais croire, d’aucune manière, et qui que ce soit,même toi que je respecte tant, que la dénonciation fait partie du mal. C’est insulter tous les antifascistes du monde. Je ne peux qu’exprimer mon désaccord. Je pense, plutôt que l’éducation qui a mon avis faut le job, bien qu’imparfaitement, et ta proposition de faire venir des personnalités médiatiques pour contribuer à la propagation du message est utile, que c’est surtout le cœur de l’industrie médiatique, basé sur la culture du clash, et du politiquement incorrect qui le devient de moins en moins, cette industrie qui a financièrement intérêt à la propagation de la parole raciste et complotiste, c qu’il faut toucher. Y compris au porte monnaie. L’action des sleeping giants est utile dans ce sens, même si elle ne suffit pas. L’argent est le nerf de la guerre. Cherchons ensemble à qui profite le crime. Les acteurs, en France, en sont connus. Frappons les au porte monnaie.

  • Guy dit :

    Salut Gdec la disqualification permanente a-t-elle réussi ? Est-elle en train de faire ses preuves ? Quant au constat sur les médias, c’est le mien depuis si longtemps…

  • Myriam dit :

    Tant de territoires perdus de l’éducation à reconquérir, de Terra Incognita à « civiliser », il en faut des Aventuriers du Savoir motivés par une vocation qui confine, si je puis dire, au sacerdoce, pour se lancer dans cette traversée de la transmission, presque sans instruments, sans cartes, et souvent sans pouvoir naviguer aux étoiles.
    Oui, il nous incombe de faire face pour trouver force et courage de les épauler plus souvent qu’ils ne sont harponnés.
    Personne n’a dit que ce serait facile, mais peu avait compris que ce serait si essentiel, si urgent, si vital.

  • duanyer dit :

    Tout à fait d’accord avec ton analyse. Il me semble aussi qu’il y a un élément essentiel concernant les réseaux sociaux : l’entre-soi. Chacun reste dans sa sphère de pensée, d’affinités et cela amplifie la complaisance dans une réflexion unilatérale ou chacun s’autosatisfait de sa vérité et empêche tout dialogue constructif. On se retrouve avec une juxtaposition de cercles qui ne se croisent qu’à leurs frontières dans des batailles rangées idéologiques et stériles.
    Je crois sincèrement – et très naïvement je l’avoue – que si l’éducation à la critique dans le cursus scolaire est essentiel, l’ouverture hors de nos zones de confort de pensée, de vision sociétale, de nos croyances serait aussi un bon moyen de mieux se comprendre et d’éviter le replis complotiste ou identitaire. Mais bon, je peux me tromper…

  • Guy dit :

    Oui Myriam, oui. D’accord avec toi duanyer

  • Pirandello dit :

    Il me semble que ce plaidoyer pour le Savoir et l’Education ne se limite pas, dans les propos de Guy, à la seule sphère médiatique.

    Apprendre à analyser, comprendre, critiquer et réfuter, sont des compétences en devenir qui méritent d’être éveillées et accompagnées sur tous les objets et champs de savoir, y compris bien sûr ceux qui relèvent du traitement de l’information dans les médias.

    Lorsque le jeune militant cité dans l’article argumente par une déduction sans doute essentielle à son cheminement personnel pour construire sa propre identité (14-15 ans, âge de tous les possibles), il soulève une question de fond adressée à la société dans laquelle il se développe sur le plan psychologique comme sur le plan sociologique : je pense que cette question-là nous est posée à chacun et porte aussi sur notre relation à l’autre, qu’elle soit intermédiée ou directe.

  • Guy dit :

    Pirandello dit mieux que moi…

  • David R dit :

    « Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple » – Georges DANTON

  • Guy dit :

    Salut David R

  • David R dit :

    Fort de ce constat, tu n’as plus d’autre choix que de reprendre les gants et de retourner enseigner. Comme dirait Maître Yoda « la socio po est puissante en toi, transmets ce que tu as appris ».
    Moi j’ai eu Bastien comme prof à Paris 1. Mais j’aurais bien aimé t’avoir aussi!
    Ainsi que le disait le colonel Trautman à Rambo (oui, j’ai des lettres) « tu ne feras que te déchirer toi-même jusqu’à ce que tu acceptes d’être ce que tu es, jusqu’à ce que tu boucles la boucle » – fin de citation.
    Bise

  • Pirandello dit :

    S’il y a une personne qui le dit bien, c’est Albert Dupontel, dont je découvre ce matin l’interview sur Thinkerview : https://www.youtube.com/watch?v=vrus2Jwi67A

    Prendre le temps de l’écouter fait un bien fou. Pour les impatients, vous pouvez aller à 12’10 ou à 40’20 directement. Mais ce serait dommage de ne pas prendre le temps de l’écouter du début à la fin, fin que je ne connais pas encore (arrêt sur image à 51’27)… Comme ça, je ne risque pas de divulgâcher 😉

  • Guy dit :

    David, retourner enseigner, je veux bien mais 1) j’ai démissionné il y a bien longtemps, 2) personne ne me le propose (à part toi).

  • Pirandello dit :

    « L’ambition pure »

    Merci pour la transmission ! https://t.co/LpGCUil0XV?amp=1

  • Thomas dit :

    Bonjour Guy,

    Tout d’abord j’exprime ma gratitude pour ton travail désormais ancien sur le FN, sur ta clairvoyance de l’époque. Incroyablement utile, encore aujourd’hui, même si tant de choses à son sujet ont changé, muté. Preuve de la richesse de ta réflexion d’alors.

    Ensuite, je suis enseignant. Je ne peux qu’applaudir ton propos. Mais je serai aussi un petit grain de sable, car l’enseignement n’est malheureusement plus en lui-même un talisman. Je veux dire, il est sous pression de ces forces mêmes que tu décris, celles des injonctions publicitaires et marchandes, celles des fake news qu’il faut démonter (combien de temps consacré à ça, là où on aurait tant de choses positives à enseigner). Je fais par exemple 9 h de cours sur le darwinisme à des étudiants de master. 3 h entières sont dédiées à démonter le créationnisme, créature fabriquée ex-nihilo par des idéologues théocrates ! 1/3 du temps à leur faire finalement pas mal d’honneur, même en les déconstruisant !
    Et je ne parle pas des injonctions plus subtiles. Enseignant en école d’ingénieur, je dois aussi les aider à questionner les fausses évidences : solutionnisme technologique frustre, primat du marché (TINA…).

    Bien sûr, il ne s’agit pas de rêver d’une société parfaite, exempte de tout ça. Notre job est de la prendre en compte telle qu’elle est, et d’ajuster en conséquence, en permanence. Mais quand elle exerce des pressions incroyables sur la liberté d’enseigner, le Savoir et l’Education que tu invoquent peinent à être des lumières au bout du tunnel, ce sont aussi parfois, à peine, des seaux pour écoper dans la tempête.

    Merci à toi.

  • Pirandello dit :

    Bonjour Thomas,

    Nous écopons, voire nous sommes des écopés

    Platon a montré qu’au moins deux lectures étaient possibles concernant la condamnation des filles de Danaos. Je pense qu’il en existe d’autres : c’est sans doute ce qui me permet de garde espoir et de puiser, peut-être, un peu de courage

  • Guy dit :

    Écopons les copains

  • Pirandello dit :

    «J’ai toujours préféré dire au présent ce que j’allais faire pour que cela se produise.»

    https://next.liberation.fr/culture/2015/07/07/homme-de-paroles_1345057

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