Je suis ulcéré… Entrez…
Quand je quitte ma plage, l’été, et même si j’y reviens souvent pendant l’année, je renouvelle le même rite… Entrez…
J’avais décidé de rentrer à pied. Les sirènes des voitures de pompiers qui tournaient entre Trouville et Deauville ont attiré mon attention. Et puis, en approchant de ma maison, près de la plage, j’ai entendu un bruit inhabituel. L’hélicoptère… J’ai compris.

C’était hier matin. J’étais assis sur le sable, face à la mer. La Manche. La plage de Trouville était encore quasiment vide. La dame en maillot violet est arrivée derrière moi, avec son sac, sa petite serviette et ses chaussures à la main.
Chaque fin d’été, ici, c’est la même chose. Un abominable spectacle. Un destin aussi tragique que celui de ces baleines ou de ces dauphins, qui se suicident en s’échouant sur certaines plages, à marée basse. Visiblement désespérés par le départ des vacanciers… Ne supportant pas l’idée d’être abandonnés… Ne pouvant surtout pas accepter d’être remisés une saison entière dans un entrepôt froid et humide… Les “piquets”* se pendent. Haut et court… Et eux, ils ne se cachent pas pour mourir ; contrairement aux oiseaux.