I would prefer not to

ficelle

Hier. Elle était devant moi dans la boulangerie. Avec son petit garçon dans les bras. Très Parisienne, tendance 18ème ou 20ème arrondissement. Très bobo, juste arrivée en vacances au bord de la mer.  Avec ses lunettes bien trop rectangulaires « règlementaires ». Son trench avec un étrange gros bouton solitaire dans le dos. Ses jambes nues. Et, touche finale, ses tongs*.

Hier. Elle était devant moi dans la boulangerie. Avec son petit garçon dans les bras. Très Parisienne, tendance 18ème ou 20ème arrondissement. Très bobo, juste arrivée en vacances au bord de la mer.  Avec ses lunettes bien trop rectangulaires « règlementaires ». Son trench avec un étrange gros bouton solitaire dans le dos. Ses jambes nues. Et, touche finale, ses tongs*.

(…)

Il ne devait pas être loin de 9 heures du matin. J’attendais derrière elle. Tranquillement.

Elle a demandé au petit blond dans ses bras ce qu’il voulait manger pour son petit-déjeuner (le plus important des repas).

Il n’a rien répondu.

« Un pain aux raisins. Un croissant. Un pain au chocolat. Un pain au lait… »

Il n’a rien répondu.

Je me suis dit qu’il ne devait pas encore parler.

Puis, rationnel, j’ai pensé que s’il ne parlait pas, sa mère ne lui poserait pas de question…

Elle l’a de nouveau interrogé.

L’enfant a alors maugréé quelque chose d’incompréhensible.

Un peu tendue, elle a décidé de choisir à sa place.

Elle était assez indécise.

Et s’y est repris à deux ou trois fois…

« Non finalement pas ça. Oui, ça là. Cette ficelle de campagne ».

Une espèce de ficelle de campagne, effectivement, située bien plus bas dans les paniers de la boulangerie.

Pendant qu’elle finissait, une autre boulangère m’a servi.

J’ai alors perdu le fil.

J’ai terminé l’achat rapide du croissant et du pain au lait.

J’ai payé.

Je suis sorti.

À l’extérieur un grand type à lunettes – rectangulaires… – attendait.

La trentaine.

Monsieur bobo forcément.

En tongs*, lui aussi.

Avec une sorte de pantalon noir.

Comme en portent ceux qui pratiquent des arts martiaux.

Un drôle de bonnet.

Et une sorte d’écharpe.

J’allais partir quand elle est sortie.

J’ai alors entendu le prénom de l’enfant qui n’avait rien voulu choisir…

On ne devrait pas avoir le droit d’appeler son fils Melville.

NDgb : Je n’ai aucune imagination. Si cette histoire n’était pas vraie, aurait-elle le moindre intérêt ?

Pour ceux qui n’auraient pas compris.


* Je hais les tongs.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

29 Juil, 2007

Épicerie ouverte

Prenez votre temps…

Conserves

« Y’en a un peu plus, je vous l’mets quand même ? »

« Toutes les histoires sont vraies »

« Toutes les histoires sont vraies »

Le 9 septembre je publie mon premier roman aux éditions Braquage. Voici le texte de la quatrième de couverture. Dans une suite de textes fulgurants, véritable puzzle qui donne à ce roman cousu main des allures de fausse autobiographie (où tout serait vrai), Guy...