Avez-vous déjà relevé un homme avec une jambe de bois ?

bûche

Dans ma quête pemanente de l’aventure au quotidien, – la seule qui vaille à mon sens –  il me faut impérativement vous narrer l’épisode surréaliste que je viens de vivre. Quasiment en temps réel.

Dans ma quête permanente de l’aventure au quotidien, – la seule qui vaille à mon sens –  il me faut impérativement vous narrer l’épisode surréaliste que je viens de vivre. Quasiment en temps réel.

(…)

Alors que j’étais en pleine conversation téléphonique avec A. [coucou A.], j’ai dû raccrocher soudainement pour secourir un homme qui venait de rouler très violemment sur le trottoir, à la sortie de mon marchand de journaux. Je m’apprêtais à relever le malheureux d’une manière tout ce qu’il y a de plus traditionnelle lorsque du sol vint un étonnant commentaire préventif : « Attention monsieur, j’ai une jambe de bois ! »

Légèrement interloqué par cette apostrophe, je dois vous confesser que je n’en ai absolument pas saisi tout de suite l’importance.

Mais après un premier essai totalement infructueux pour soulever l’homme – en raison de l’improbable et totale raideur de cette jambe de bois – j’ai compris le sens du message que m’avait délivré mon interlocuteur couché sur le dos.

Croyez-moi sur parole, c’est une sacrée affaire de relever un homme qui a une jambe de bois… En revanche, je ne peux me prononcer concernant une femme, n’ayant pas été – encore – confronté à la situation.

Comme par ailleurs, l’homme, plutôt âgé, devait facilement peser ses quatre-vingt quinze kilos, il m’a fallu m’y reprendre à trois fois pour réussir dans mon entreprise salvatrice.

Après deux tentatives totalement infructueuses et extrêmement douloureuses [à l’instant où je vous parle mon dos, déjà fracassé, est en capilotade] je suis, en effet, enfin parvenu, en un mouvement circulaire digne de la lutte gréco-romaine, à faire basculer l’intéressé par dessus mon épaule ; tandis qu’il prenait appui de sa main sur l’une de mes robustes cuisses.

Une fois debout, l’homme m’a lancé un simple « Vous êtes chouette… » qui m’a laissé sans voix.

Puis il est parti.

Je l’ai regardé boîter au loin avec beaucoup d’émotion.

Une première jambe de bois, ça touche toujours.

5 Commentaires

  1. Il y a des coïncidences marrante dans la vie, je suis né le 13 aout 1961, et tu as posté ce sujet un 13 aout, c’est ta première jambe de bois, et je suis fier d’être ta 2ème et 3éme jambe de bois, étant moi même amputé des 2 jambes. Il va y avoir 20 ans au mois de mai prochain (où sont les nôtres de 20 ans? 😉 ) ma moto a eu la malencontreuse idée de déraper dans un virage.

    L’apprentissage du handicap accidentel est long, douloureux, décourageant, frustrant, avilissant… j’en passe et des meilleurs. Il faut de longues années pour l’apprivoiser, combien de pauvres dames j’ai agressé quand, gentiment elles voulaient m’aider à entrer dans l’ascenseur en prenant d’autorité les rennes de mon fauteuil roulant: « je suis amputé des jambes Madame, pas des bras! ». Tous ces gens qui ont voulu m’aider et que j’ai sans doute surpris, voir peut-être même vexés, je leur présente mes excuses ici.

    Pour finir, une petite anecdote personnelle:
    Un jour de retour de vacances avec ma femme et notre fils qui avait une dizaine d’année à l’époque (23 aujourd’hui il m’a toujours connu invalide), nous étions donc dans une station service d’autoroute. Au bout d’un moment je cherche des yeux mon rejeton, et je le trouve scotché, bouche bée devant une femme, amputée d’une jambe, elle se déplaçait en béquille, la jambe de pantalon vide repliée quasiment sous les fesses.
    J’attrape immédiatement le voyeur par l’épaule, l’éloigne de la femme, et gentiment je lui dis:
    – Pourquoi regardes-tu cette dame comme ça?
    – T’as vu… elle a plus de jambe! (littéralement sidéré)
    – Ha bon! et c’est la première fois que tu vois une personne sans jambe?
    – Ben oui hein!
    – Et moi je n’ai pas les jambes coupées?
    – Pffff n’importe quoi… Toi c’est pas pareil!
    Là, je dois avouer qu’il m’a scié les pattes… 😉

    Bon WE Guy

  2. PS J’ai oublié
    Merci pour cette espace en arrière-boutique, où il fait bon se reposer du bruit et des odeurs parfois entêtante du magasin.
    C’est un poil indiscret et même un brin voyeur, mais j’avoue que c’est surprenant de ce que l’on peut trouver dans ces arrière-boutiques.

  3. Vous pensez à quoi ?

  4. Merci de cette confiance…

  5. Désolé pour le retard à l’allumage.

    Je ne pensais à rien en particulier, juste que ton traitement d’un sujet qui évidement me concerne, m’a touché (en bien). Je ne pensais pas trouver un tel sujet sur ton blog, ou pour le moins, pas traité sous cet angle.

    Pour moi, c’est un peu le bibelot insolite, souvent poussiéreux, car oublié depuis longtemps, que l’on peut trouver dans les arrière-boutiques. Ce petit bout de cabinet de curiosité laisse entrevoir un petit morceau de l’esprit du propriétaire.

    On a souvent tendance à oublier que derrière le journaliste, écrivain, observateur, homme publique (ou quel que soit le terme sous lequel tu souhaiterais qu’on te perçoive), se cache un être humain ramasseur, entre autres, de cul-de-jatte (quel horreur ce mot)
    .

    cordialement
    François

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13 Août, 2008

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