La communication politique est une science dure !

Pègue

C’était hier. J’avais France-Inter dans les oreilles, pendant mon footing quotidien. Et pour sa dernière dans la matinale, Nicolas Demorand m’a appris quelque chose d’important…

C’était hier. J’avais France-Inter dans les oreilles, pendant mon footing quotidien. Et pour sa dernière dans la matinale, Nicolas Demorand m’a appris quelque chose d’important…

(…)

Pour clôturer la saison (et quitter le petit matin) Demorand avait invité, à son micro d’Inter, deux de nos « politologues » les plus médiatiques : Olivier Duhamel et Dominique Reynié.

Je vous laisse prendre connaissance de l’interview…

Ce n’est pas l’une des sorties des deux invités qui motivent ce billet.

Même s’il y aurait pas mal à dire.

C’est une affirmation de Demorand.

Au moment où il est question de la mauvaise gestion par l’Élysée des « affaires ».

Olivier Duhamel évoque la lettre du Président Sarkozy à François Fillon – (ici) – et l’incroyable maladresse de la phrase qui y explique, noir sur blanc, que les ministres vont devoir régler leurs dépenses privées (un peu après 3′) [ la phrase dans la lettre dit précisément  : « Il est également impératif que tous les frais liés à leur vie privée soient acquittés sur leurs deniers personnels et non sur des budgets publics. La violation de cette règle sera immédiatement sanctionnée«  ].

Reynié acquiesce, parlant d' »amateurisme » et de « maladresse ».

C’est alors que Demorand pose cette question (4’43) : « Et en pur terme de communication, disait Olivier Duhamel, le fait qu’on puisse écrire une phrase pareille, au 21ème siècle, alors que la communication politique est devenue une science dure… Quel est votre sentiment là-dessus ? »

Ça m’a foudroyé en plein effort !

Au point que je n’ai même pas réussi à écouter la suite des réponses en direct.

La communication politique, une « science dure » ???

Thierry Saussez, Jacques Séguéla… Sortez toute de suite de ce corps !

Mes longues années d’apprentissage puis d’enseignement de la science politique sont repassées en accéléré dans ma tête.

Exactement comme lorsque Michel Piccoli revoit toute sa vie défiler, lors de son accident, dans « Les choses de la vie ».

C’est fou quand même d’en arriver là…

À lâcher une énormité pareille.

En même temps, c’est LE danger du direct (J’y suis moi-même confronté, tous les jours, dans ma modeste chronique).

Le risque de dire une bêtise qui, en plus, peut rester « gravée » à jamais.

Parce que maintenant, avec les outlaw du net, il y a toujours un salopard pour la repérer et la diffuser.

Et après, ça pègue !!!

Comme la confiture, le long du manche de la cuillère…

En même temps, celle-là, quand même, elle était vraiment grosse, Nicolas.

BONUS

16 Commentaires

  1. pire…les 2 « spécialistes » n’ont même pas sourcillé !

  2. Séguéla, 76 ans.
    Plutôt une science qui dure…

  3. Je reconnais bien là le renard des surfaces alias Guy Birenbaum. Comme quand un défenseur renvoie tranquillement la balle à son gardien et que l’attaquant adverse intercepte la passe et marque. Ici bien sûr c’est Demorand qui se rate et qui prend le but. Hélas j’aurai cru qu’on se pencherait sur ce que peut bien vouloir dire Demorand à ce moment là. Il ne s’agit pas d’un lapsus, morsqu’il le dit il y croit. Du coup Guy, permettez que je vous appelle Guy(j’adore cette phrase)) je pense que je vous aurai compté le but si vous aviez fait une analyse de ce que peut bien vouloir dire, en profondeur, cette phrase de Demorand. Hélas vous ne faites que vous excuser de cette erreur relevée. Le point n’y est pas, c’est une transversale. Et moi-même je ne suis pas arbitre…

  4. Une science dure ?
    Faut dire à Demorand que les conseillers en communication politique sont des spin-doctors et pas des pine-doctors…

  5. « En même temps, celle-là, quand même, elle était vraiment grosse, Nicolas. »
    Laquelle ?

  6. Vous ne l’aimez pas, Demorand, hein Guy ?
    Vous ne l’aimez pas du tout…va t il remplacer Aphatie dans votre coeur ?

  7. Rien d’affectif dans mes propos. Je réserve les sentiments à d’autres.

  8. Une science (sourire), en revanche, dure est un qualificatif bien mou pour définir la matière politique, je pense que sur ce point Didier Porte et sa chronique offrirait certainement un éclairage salutaire….

  9. J’avais tilté sur la même chose. Et en face, aucune réaction de nos deux invités. C’est vrai que c’est assez flatteur de se retrouver dans une position d’analyste de matière scientifique.
    Demorand a certainement voulu dire que la communication politique était réfléchie et calculée par des gens dont c’est le métier mais là, on en arrive au contresens.
    Tout va bien, Nicolas va pouvoir s’offrir un peu de repos matinal.

  10. le « science dure » c’est caractéristique de la façon de parler de Demorand, de son aplomb et de l’espèce de tonalité hurleuse avec laquelle il s’exprime, on entend sa voix en lisant sa phrase citée !

    C’est une qualité première chez un éditorialiste ou un commentateur en vue dans les médias : pouvoir asséner des énormités avec aplomb (d’ailleurs le « science dure » peut être pris de façon ironique…)

  11. Reynié un néoconservateur( Demorand le précise, c’est un exploit à saluer) :  » la crise des finances publiques  » ???!!!! Au secours!
    LA CRISE EST celle du PRIVE
    des dettes massives du Privé
    qui socialise, nationalise les pertes!
    A chaque fois que j’ai visionné (Je ne l’écoute pas) Demorand je l’ai trouvé nul avec des questions nulles, et son choix d’invités…Il les choisit ou il est obligé de nous les infliger?
    Pareil pour son copain, regardez-le interviewer Debré et Dupont-Aignant sur le Gaullisme: lamentable, je l’ai trouvé.

  12. Mais le dure, c’est difficile, féroce, compliqué. Puis le mot science.

  13. Il me semble que vous n’avez pas compris cette saillie de Demorand… Il est évidemment ironique et son mot hyperbolique. Non pas que la communication serait une science molle, elle n’est aucune science. En revanche, n’importe quel technicien de la com’ devrait avoir repéré l’énormité de la bêtise commise par Sarko… Sa prescription suppose en effet un état de choses qui lui est opposé, et de manière suffisamment partagé pour que soit justifiée la généralité de l’adresse (les ministres), laquelle en outre n’a pas la forme d’un rappel, elle a même celle de la nouveauté ou d’un « désormais » implicite (puisque s’y trouve associée la menace d’une sanction… ). Il s’agit donc bien d’une énormissime maladresse dont on peut par conséquent se demander comment elle a pu échapper au staff de la communication élyséenne…

  14. L’ironie quand personne ne la comprend, c’est ennuyeux…

  15. J’espère que vous n’allez pas recenser toutes les conneries de Jean-Pierre Elkabbach …
    Vous pourriez faire un roman !

  16. maintenant que Demorand vient sur Europe, vous allez pouvoir lui donner en face à face vos leçons de déontologie, sciences-politiques et humour…
    vous, si bien informé, n’aviez pas été mis au courant par votre ami Bompard ??…

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3 Juil, 2010

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